Une vraie stratégie pour la réussite scolaire de tous.

Posté par paulbesombes le 18 novembre 2009

150000 élèves par an sortent du système éducatif sans diplôme, 9% des personnes ayant été scolarisé en France sont proches de l’illettrisme. Cette situation est inacceptable dans une société qui exige toujours plus de connaissance pour assurer l’intégration sociale et professionnelle des citoyens.

L’école publique obligatoire gratuite et laïque est née de la volonté d’offrir à chaque enfant ou jeune, élève pendant le temps scolaire, les outils dont il aura besoin pour exercer pleinement sa citoyenneté. Consciente des difficultés rencontrées par certains d’entre eux, elle a su créer des dispositifs d’accompagnement capables d’augmenter leur chance d’intégration, avec l’objectif affiché de la réussite de tous les élèves.

Les Rased vont disparaître sous les pressions budgétaires du gouvernement. Pourtant, elles répondent directement à cette vocation par la prévention et l’accompagnement. Le repérage précoce d’une difficulté à entrer dans les apprentissages et la lutte contre son installation ou son amplification permet, de favoriser à la fois la progression dans le cursus scolaire ordinaire  et une bonne insertion dans la vie collective. L’intégration scolaire de tous les élèves, y compris ceux en situation de handicap passe par un accompagnement des situations de difficulté d’apprentissage ou d’adaptation à l’école, installées et durables, qui se traduisent par des écarts d’acquisitions nets avec les acquisitions attendues. Tout cela s’organise autour d’un travail en équipe centré sur l’élève pris dans toutes ses dimensions (psychologique, sociale, comportementale…)

Les difficultés prises en charge par les réseaux persistent bien au-delà,  d’abord au collège, ensuite au lycée. D’autres dispositifs  d’accompagnement sont mis en place notamment les PAI, les UPI, les SEGPA. Tout cela nécessite un accompagnement spécialisé pouvant allier un socle commun et une spécialisation centrée sur la difficulté de l’élève.

Passé le seuil de la scolarité obligatoire, peu de pistes sont évoquées. Le recours à l’enseignement professionnel de courte ou moyenne durée ou encore à l’apprentissage pour ceux qui n’aiment pas l’école semble une solution de bonne conscience. Quoi qu’il en soit, les sorties sans qualification ou l’illettrisme avéré sont les constats de l’échec de l’école quand elle veut la réussite de tous les élèves.

Le plan de cohésion sociale prévoit d’associer de nombreux partenaires pour assurer dans les autres domaines que ceux de l’apprentissage la réussite de tous les élèves de l’école à la sortie de la scolarité obligatoire. Il place l’enfant, l’adolescent et la famille dans une perspective d’accompagnement à la scolarité. Mais une vraie solution résiderait précisément dans la mobilisation de toutes les ressources à l’intérieur de l’école et notamment en dehors de la scolarité obligatoire.

L’académie de Caen traite de ce sujet dans sa Politique de prévention et de traitement des sorties sans qualification.  Elle retient trois axes : la prévention, des actions spécifiques de formation et des expérimentations.

Mais la solution réside précisément dans la mobilisation de toutes les ressources à l’intérieur de l’école et cela s’impose encore plus en dehors de la scolarité obligatoire, dans les lycées généraux,  professionnels et technologiques.

Il faut accepter la notion même de la difficulté scolaire centrée sur l’élève dans toutes ces dimensions pour lui offrir un parcours adapté à ce qu’il est et ce qu’il sait faire. L’école est une réalisation pour chacun, elle doit se doter des moyens nécessaires pour garantir l’accès  à et l’exercice de la citoyenneté.

En parler  en l’associant de manière systématique à l’idée réussite ouvre une perspective intéressante notamment pour appréhender les actions à mener au-delà de la scolarité obligatoire. En effet, centrée sur l’élève en situation d’apprentissage (pédagogie et vie scolaire), il considère la scolarisation comme une réalisation. Ainsi un travail collectif peut conduire le jeune décrocheur à redevenir élèves. Il ne suffit pas d’imposer des dispositifs parce qu’ils présupposent un consentement non assuré, mais de construire avec l’élèves des solutions capables d’intégrer l’ensemble de ces dimensions.

Même si cette solution semble impossible compte tenu des orientations budgétaires de l’actuel ministère de l’éducation, ne devons nous pas réaffirmer que la pédagogie différenciée, à l’exemple de ce qui s’organise dans les Rased, est une solution pour la lutte contre l’exclusion tout au long de la scolarité et surtout en dehors de la période obligatoire, dans les lycées ?

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