Appel à la mobisation politique pour sauvegarder le principe de laïcité

Posté par paulbesombes le 31 décembre 2009

La loi Carles est reconnue constitutionnelle malgré le recours des députés républicains défenseurs du principe de laïcité. L’accord Krouchner Vatican donne une légitimité à l’enseignement supérieur catholique. Le Président Sarkozy parle de la laïcité comme d’une valeur qu’il voudrait positive.  Il s’attaque avec ses amis, dans le discours et par la voie legislative, au fondement de ce principe qui participe de notre identité nationale en assurant notre liberté de conscience et en garantissant notre fraternité républicaine. Le risque est lourd, mais nos concitoyens souvent mal informés n’en perçoivent directement pas les conséquences. 
 
La loi Carles au nom d’une parité qui sert l’intérêt de certains remet en cause le principe de libre administration des collectivités territoriales et entretient la concurrence entre les écoles publiques et privées en obligeant les communes à financer des choix personnels pour l’enseignement privé. Elle prolonge et accentue le risque introduit par la Loi Debre, dont on a fêté, le 31 décembre, le 50ième anniversaire, en donnant plus de force aux réseaux des écoles catholiques. Elle individualise le rapport à l’éducation et autorise l’exode déjà engagée par l’ouverture de la carte scolaire en allant plus loin dans le démantèlement du service public d’éducation.
 
L’école de la République est notre patrimoine commun, elle est un lieu et un temps que nous partageons avec plus de 80% de nos concitoyens d’hier et d’aujourd’hui. La laïcité est le socle de notre vivre ensemble. Nous n’acceptons pas que cela soit remis en cause pour servir l’intérêt des uns ou des autres.
 
Face à ses attaques successives et contre les discriminations que ces dispositions devraient accentuer la communauté politique avec ses élus et ses militants doit réagir.

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Lien social et citoyenneté

Posté par paulbesombes le 13 août 2009

La question du lien social devient incontournable quand la société ne garantit plus à chacun des conditions de vie acceptables. La citoyenneté est remise en cause quand les conditions d’accès à l’éducation, au logement, à la formation, au travail ou encore à la santé et à la culture ne sont plus garanties à tous de la même façon.

C’est que nous voyons lorsque les jeunes entrant sur le marché du travail connaissent le chômage durable; l’impossibilité d’accéder au logement ou encore l’isolement dans un quartier. Les systèmes de solidarité issus du front populaire et de la reconstruction après guerre, les symboles forts qui unissaient les plus défavorisés ont laissé place à des politiques d’intégration sociale qui s’adressent à des individus singuliers avec des parcours différents et confrontés à une multitude de domaine sociaux. Nous avons perdu nos symboles (enfin, pas nous les militants du Parti Socialiste, mais cela suffit-il). Rien n’est stable, tout bouge en permanence, l’incertitude est notre quotidien.

Le nouveau, c’est l’individualisation qui détruit parfois le lien social dans une société qui veut que chacun deviennent un individu livré à lui-même et maître de son destin. Le réseau apparaît alors comme la médiation la plus favorable. S’il est fort tout va bien, s’il est faible l’exclusion et l’inégalité apparaisse. Ainsi pour survivre, l’individu est censé recréer autour de lui un cercle qui va lui permettre de filtrer et d’organiser sa vie au milieu de relations de plus en plus nombreuses et de plus en plus épisodiques.

Face à la politique d’une droite décomplexée qui n’hésite plus à justifier ses choix politiques en montrant du doigt les uns ou les autres, notre enjeu réside dans notre capacité à faire de la citoyenneté le socle qui conduit toutes nos décisions. C’est le sens que nous donnons à la construction du lien social.

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Le temps du « comment faire » dans l’entreprise et à l’école : par le discours le gouvernemt l’exclut

Posté par paulbesombes le 10 novembre 2007

Je profite de l’article du Monde paru le 22 octobre 2007 « Un rapport juge très élevé les risques psychosociaux au Technocentre de Renault » pour faire le point sur la notion du temps de manière générale. Les enjeux politiques actuels lui donnent une place importante. On en parle pour l’entreprise et pour l’école : « Travailler plus pour gagner plus » et « la semaine de quatre jours ». Le temps du travail et celui de l’école ont-ils subis des transformations à ce point importantes qu’ils nous engagent à revoir notre manière d’en parler ? L’article que nous citons dit que la pression est forte. Le rapport fait état d’une surcharge permanente de travail. Les tâches à accomplir pour réaliser les objectifs consentis par les salariés nécessitent un investissement qui va au delà de ce qui est contractualisé.

Le temps de travail imbrique celui de la réflexion et celui de l’exécution. Ce n’est simplement du temps de présence. Le management par objectif les confond alors que le taylorisme les dissociait. La mutation n’a été rendue possible que par ce jeu du discours qui a déplacé la responsabilité du décideur à l’exécutant en substituant l’autocontrôle au contrôle du chef.

Le monde industriel permettait cette distinction parce que la l’exécution de la tache était au cœur de l’organisation. Le monde des services ne la permet pas parce que la relation prévaut. La relation aux autres demande de l’immédiateté et refuse de différer l’exécution de la réflexion. Tout se joue dans l’instant.

Ainsi la pro action replace l’action et la réaction. La pro action est l’action qui se mène en anticipant les effets qu’elle produit. L’individu qui pro agit doit penser son action de telle sorte qu’au moment de l’exécution tout se met en œuvre sans perte d’efficacité.

Il faut réfléchir en amont, en dehors du temps de présence parce que l’efficacité économique ne reconnaît aucune valeur à cette action. C’est une immobilisation formelle, la plus value arrive à posteriori.

Le temps de travail hors du temps de présence devient essentiel dans le monde actuel. Il inclut, d’une part, le travail que l’on ramène à la maison parce que l’on n’a pas eu le temps de finir ce qui a été demandé. Il inclut, d’autre part, le temps que l’on consacre à penser à la manière dont on va s’y prendre pour réaliser les objectifs fixés (pour peu qu’on se les fixe soi même). C’est le temps de l’intelligence. Il est le temps du « comment faire ».

D’une manière générale, les discours conventionnelles ne lui consacrent que peu importance, sauf pour parler du temps de formation. La méconnaissance du quotidien des acteurs de terrain dans l’école, les entreprises, les associations amplifie ce phénomène.

La confusion actuelle orchestrée par le président, son gouvernement et sa majorité UMP sur la notion du temps est un enjeu politique. Nous allons parler, d’abord du « Travailler plus pour gagner plus »..

En France le travail ouvre droit à une rémunération en fonction du temps de présence consacré à la réalisation des termes de son contrat de travail. Le taux horaire est fixé en fonctions des qualités ou des compétences de celui qui travaille. Alors que veux dire « travailler plus » ? Faut-il produire plus, gagner en efficacité ou passer plus de temps sur le lieu de travail ? En l’occurrence, il s’agit de passer plus de temps dans l’entreprise pour bénéficier d’exonération de charge. Le temps de travail est alors interpréter comme du temps de présence.

Nous l’avons ce temps ne représente qu’une partie du temps du travail. Le temps de travail hors de l’entreprise n’est pas pris en compte bien que sa durée va toujours croissante. En réalité, l’efficacité dans l’entreprise résulte de la concentration des moyens dont elle dispose pour limiter les immobilisations (La rémunération du temps de travail contractuel étant une immobilisation, il faut réaliser des économie d’échelle). Cela n’a rien à voir l’allongement du temps de présence contractualisé des salariés qui augmente l’immobilisation. L’avantage pour l’entreprise c’est l’augmentation du temps de travail non contractualisé (en dehors du temps de présence).

Le discours simpliste et racoleur de Sarkozy laisse à penser que le travail est simplement du temps passé dans son entreprise alors que c’est de l’intelligence humaine et qu’elle accroît sa profitabilité.

Quant au « gagner plus », nous attirons votre attention sur le temps de travail qui  intègre le temps de présence et l’intelligence du salarié. L’entreprise y gagne plus que le salarié.

Je crois que ce discours fait volontairement abstraction de l’intelligence humaine mobilisée par tous les acteurs de la vie sociale, économique et culturelle en France.

L’objectif non avoué mais vraisemblablement délibéré est de la réserver à une certaine catégorie de la population. Il doit y avoir, dans le travail comme dans les autres domaines de la vie, ceux qui réfléchissent et ceux qui exécutent. Il s’agit ici de dévaloriser la valeur humaine du temps de travail. Cet artifice permet d’évacuer la question du lien entre les personnes est par extension l’obligation pour l’état de garantir un accès équitable à la citoyenneté par le travail.

Le discours du gouvernement veut pour des raisons partisanes faire disparaître le temps de l’intelligence parce qu’il matérialise la socialisation par et dans le travail. Seul le temps comptable doit avoir l’autorité (avec ses experts) d’organiser la relation de ceux qui exécutent au travail.

Parler de citoyenneté renvoie nécessairement à un autre domaine de l’action de l’état qui concerne la notion du temps : l’Education et du temps de l’école.

Une fois encore le message est simple : « Améliorons la qualité de l’école en réduisant la semaine d’école à quatre jours ». On vise l’amélioration du cadre de vie des parents et des enfants en accordant une matinée de repos supplémentaire. Le temps de l’école est décrit comme un temps de présence. Il en va de même pour la réduction des effectifs préconiser au nom de l’efficacité du système scolaire. Ne pas prendre la mesure de ce qu’intègre cette démarche est une grande erreur.

Pour revenir sur la semaine des quatre jours soyons clairs. Le temps de l’école n’est pas un temps de présence pour nos enfants, c’est un temps d’apprentissage. Il est incompressible parce qu’il met en œuvre de l’intelligence. Elle est en construction et ceci nous impose de prendre en compte le rythme de l’enfant. L’usage qui en est fait aujourd’hui va orienter définitivement son avenir pendant sa scolarité et dans l’exercice de sa citoyenneté.

Ne pas prendre en considération le processus qui permet aux enfants d’apprendre amène à la confusion. L’école perd de son sens. Son rôle est assimilable, en partie, à celui d’une garderie ou d’un club de loisir. Les enfants ne passent pas du temps à l’école pour passer du temps. Il passe du temps à l’école pour être en mesure de devenir des citoyens capables de vivre ensemble, capables de travailler pour satisfaire leurs besoins, capables de participer aux débats de la cité.

Le temps de l’école n’est pas du temps de présence, c’est à la fois un accomplissement et une projection dans l’avenir. Réduire le débat à la suppression d’une demi-journée d’activité élude la vraie question qui est celle du contenu et du sens que l’on donne à la politique éducative. Le débat réducteur a une vocation évident : celle d’éviter de parler de l’intelligence humaine qui est mise en pratique.

Confondre le temps de présence et le temps de l’apprentissage dans un discours simpliste permet au gouvernement de dévaloriser le rôle de l’institution école. Cela s’amplifie avec la réduction des effectifs dans l’éducation nationale.

Je rencontre souvent des enseignants qui sont aujourd’hui contraints de faire des heures supplémentaires pour satisfaire les besoins d’accueil des élèves dans les établissements (et répondre ainsi à la suppression des postes). Les deux heures ou quatre qui s’ajoutent à leur emploi du temps ne constituent pas une masse de travail si importante. Cela se rajoute aux 18 heures de cours qu’ils effectuent habituellement. C’est le raisonnement simpliste que peut tenir celui qui ne sait pas. Alors regardons de plus près ce qu’intègre c’est trois heures de plus en moyenne.  C’est l’encadrement d’une classe supplémentaire soit l’accompagnement dans l’accès au savoir d’environ 27 élèves. L’encadrement d’une classe supplémentaire demande du temps de préparation et du temps de travail, en terme de présence , de préparation et de suivi, supplémentaire pour le conseil de classe, les réunions pédagogiques, les rencontres avec les parents … si le programme de la nouvelle classe ne correspond à ceux que dispense déjà le professeur, il y a un temps de préparation supplémentaire. A cela s’ajoute le temps de suivi individuel qui inclut les corrections des copies et examens. La démonstration est faite que le temps n’est pas simplement du temps de présence. En l’occurrence, c’est du temps pour l’intelligence et pour la relation.

Le discours du gouvernement sur le temps de l’école ne nous dit pas cela. Il élude l’intelligence des hommes, des femmes, des enfants qui vivent leur quotidien avec beaucoup de perspicacité. L’intelligence humaine est abandonnée à la raison comptable et la socialisation n’existe plus.

Ce qui vaut pour l’école vaut pour l’entreprise et toutes les institutions. Le gouvernement concentre les moyens dont il dispose pour détruire les fondements de notre République : l’art du vivre ensemble. La raison en est simple. La relation aux autres, la réalisation des objectifs, l’anticipation de qui va advenir et la maîtrise des événements sont contradictoires avec la satisfaction des besoins qui renvoie l’individu à lui-même. 

Le temps du comment faire est complexe, il fait parti de l’espace public. Le temps des uns n’est pas isolable du temps des autres. Il est du domaine public. Il n’est pas l’objet d’une simple opération comptable. La satisfaction des besoins est du domaine privé, elle est simple à gérer, elle est immédiate. Elle n’exige qu’une relation duale et donne un pouvoir incommensurable à celui qui satisfait le besoin. La satisfaction du besoin ne se préoccupe pas du temps des autres.

Elle permet de placer dos à dos ceux qui ne s’accordent pas alors que la relation impose de trouver un compromis : LE BIEN COMMUN

Aussi j’ai produit cette analyse pour que nous réhabilitions dans tous les lieux de vie que nous fréquentons le temps dans toutes ses dimensions. Le temps comptable et le temps humain cohabitent. Le temps humain nous permet de comprendre l’importance de l’intelligence que nous mettons à faire les choses. Il est le lien qui structure notre société. La solidarité exige que nous montrions que les choses se font grâce à l’intelligence. Le temps du comment faire doit être pris en compte dans les décisions que nous allons prendre parce qu’il nous oblige à concevoir à priori les moyens de mis en œuvre du Vivre ensemble et le bien commun.

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