Le discours de la formation dans l’entreprise

Posté par paulbesombes le 9 juillet 2009

« On ne travaille plus aujourd’hui comme travaillait hier, les choses ont bien changées » constate la vendeuse d’un grand magasin. « On nous demande toujours plus d’efficacité pour faire le travail et notre magasin doit s’adapter en permanence à ce que font les autres au risque de disparaitre », lui répond son manageur. Il ajoute, « si on ne travail plus aujourd’hui comme hier, c’est parce que notre client est devenu plus exigeant et que les attentes de notre direction est fixée par des actionnaires encore plus exigeants ».

En trente ans, le monde du travail a connu d’importantes mutations ; Elles concernent les efficacités « interne » et « externe » de l’entreprise ; Elles transforment la relation au travail, d’abord dans la perception qu’en ont les acteurs de vie économique ensuite dans le lien qui unit les salariés aux objectifs de l’entreprise. Elles aboutissent aujourd’hui à une exigence de profitabilité qui s’abstrait des contraintes de production et qui, dans le même temps, agit pour revisiter les modes d’organisation du travail.

Plusieurs éléments viennent décrire cette nouvelle organisation du travail. Le pouvoir réel, celui du maintien sur le marché, se trouve en dehors des murs de l’entreprise. Les décideurs accumulent du profit et vivent entre eux sans être accessibles et n’ont plus de lien concret avec ceux qui produisent les richesses par le travail physique et intellectuel. Les gouvernements d’entreprise remplacent les patrons. Il n’y a plus d’incarnation du pouvoir. Les directeurs et les manageurs ont perdu de leur puissance pour devenir les instruments malléables d’un capitalisme patrimonial dont le seul objectif est d’augmenter toujours plus l’étendue des profits. Les salariés sont contraints à suivre une société du travail qui promeut le changement au jour le jour. L’entreprise doit s’adapter en permanence et minimiser la place et le rôle des hommes qui font sa réussite. Les salariés sont devenus interchangeables et les entreprises se savent jetables.

Sur les marchés, sous couvert de modernité et de mondialisation, se cache un système de croyance qui fait primer l’économie sur le social, l’efficacité financière sur l’humainement acceptable, le consommateur sur le travailleur. La finance internationale devient autonome et tente de gouverner les pays. Et parallèlement à ce système de croyance, les experts qui s’en font les portes parole, justifient par le discours les pratiques du nouvel ordre économique. La nécessaire croissance économique envahie désormais tous les espaces de vie.

Une telle évolution modifie l’organisation du travail et pose questions. Comment en est on arrivé là ? Qu’est ce qui permet d’y maintenir un équilibre acceptable. Faut-il chercher à la comprendre comme un fait social, au sens ou le présente Durkheim, comme une action significativement orientée (au sens de l’individualisme méthodologique) ou comme une forme de socialisation déterminée par la rencontre des hommes et des femmes dans un environnement particulier ?

Dans le Capitalisme tout est immanence. Tout est du dedans, tout est le produit du travail des hommes entre eux. C’est donc dans cette perspective qu’il va nous falloir chercher.

 

Qu’il faille au moins une question

 

A l’origine, plusieurs constats. Le premier concerne le quotidien des acteurs de l’entreprise. Il révèle que ni le salarié qui produit, ni le manageur qui pilote, ni le PDG qui dirige en se fiant aux orientations adoptée par le conseil d’administration n’ont l’assurance de se maintenir dans l’emploi. Injonction leur est faite : ils doivent en permanence se demander comment agir pour garder leur place, s’interroger sur la pertinence de leurs actions et se demander si elles répondent précisément aux critères d’efficacité des acteurs de pouvoir. Seules les attentes économiques des investisseurs ou actionnaires majoritaires président au maintien de la personne dans son emploi. Derrière cette nouvelle disposition acceptée se cache une idée récurrente : il ne s’agit plus de faire plus, mais de faire mieux ; un objectif : satisfaire des exigences éloignées du quotidien de l’entreprise (celles des personnalités morales, des actionnaires, du client).

Le deuxième concerne le lien entre la typologie des relations sociales de l’entreprise et le système économique qui domine les marchés. La réussite du capitalisme réside actuellement dans sa capacité à limiter les immobilisations de capital dont fait partie sa masse salariale ; toutes les masses financières doivent être replacées sur le marché et l’innovation permanente (produit, processus, management) est devenue le gage de sa réactivité. Cette nouvelle contrainte partagée et acceptée par les entreprises conditionne nécessairement l’organisation du travail et produit des effets directs sur la définition de leur efficacité interne.

Les entreprises s’adaptent en permanence aux flux du marché et cela a des conséquences directes les attentes et l’évolution du contrat de travail. Arrêtons-nous un instant sur l’adaptabilité d’une entreprise qui recourt principalement à des contrats de travail à durée indéterminé. Permanent, ses contrats figent l’acquisition de nouvelles compétences parce qu’ils la soumettent au niveau de qualification antérieurs des salariés. Toutes les évolutions possibles s’envisagent alors dans le cadre d’un plan de formation contraint par la nécessité de prendre en considération leur bonne volonté.

Une alternative est possible : embaucher de nouvelles personnes pour s’enrichir de leurs compétences. Cette solution présente un risque financier. Plus réactive en matière de délais, elle oblige, en France, à garder tous les personnels une fois le contrat signé pour la durée du dit contrat. Ces embauches augmentent la masse salariale pour toutes la durée d’un CDD, au moins, et réduit donc la possibilité de replacer sur le marché les sommes immobilisées pour provisionner les salaires, que le travail crée plus de richesse ou non. Par ailleurs, le temps n’ont productif d’intégration représente, dans ce cas, un coût supplémentaire. Ces embauches peuvent pénaliser le budget des entreprises quand elles sont accompagnées de licenciements. Si, cette perspective offre la possibilité d’un renouveau du parc des compétences, elle n’offre pas pour autant de réelles conditions de rebond et augmente temporairement la masse salariale. Cette alternative ne peut durablement augmenter l’efficacité financière sur le Marché.

« Budgétiser et financer des formations » pour adapter les salariés offre une réelle opportunité pour l’adaptation permanente au besoin du marché. Cette solution permet de contourner l’impossibilité de recourir à des contrats de mission qui pourtant pourraient permettre d’intégrer de nouvelles compétences sans avoir à financer leurs évolutions. Si elle augmente momentanément les immobilisations de capital et créer même un surcout, elle permet de générer l’innovation qui va produire des nouvelles opportunités sur le marché.

Le dernier constat concerne la stratégie des entreprises. L’efficacité de l’organisation pour satisfaire les exigences de l’efficacité sur le marché reconnait dans le discours des experts deux choix : La généralisation du recours à des emplois de courte durée, du type contrat de mission, ou l’anticipation sur les besoins stratégiques de compétence (GPEC ou gestion par les compétences). Le marché impose sa loi, mais en France les entreprises ne disposent pas de contrat de mission. Il leur faut donc envisager une solution qui intègre qualifications professionnelles et incitation des salariés à se former. Très concrètement, la loi, notamment pour le droit individuel à la formation, se place dans cette dynamique. Elle impose à l’entreprise l’obligation de former dans la codécision tous ses salariés, mais elle n’oblige pas formellement le salarié à se former. Le législateur n’est pas allé jusqu’au bout de son intention, la démarche devant rester implicite.

Ces constats, un peu abrupt, interrogent la convergence des deux dimensions de l’efficacité de l’entreprise :

F     L’Efficacité de l’entreprise pour l’entreprise (efficacité interne).

F     L’Efficacité de l’entreprise pour le Marché (efficacité externe)

Comment l’une et l’autre s’imbriquent pour maintenir l’équilibre social alors même que les contraintes sont fortes et qu’elles pourraient soulever une indignation irréversible.  Quel est donc la nature et la forme du projet qui unis toutes les parties prenantes de l’organisation du travail dans ce processus qui condamne l’humain à suivre les préceptes abstraits de l’économiquement acceptable ?

Immobiliser un minimum de capital pour replacer l’ensemble des ressources de l’entreprise sur le marché, tel est le gage de l’efficacité externe. Elle se déplace du champ économique vers le champ financier. La recherche de la profitabilité se substitue à la recherche de la rentabilité. Elle devient permanente[1].

L’efficacité interne se construit en réponse aux exigences de compétitivité. Elle demande à chacun de prendre en charge la recherche des meilleures voies pour éviter les immobilisations superflues de capital (le capital humain en faisant partie). L’adaptabilité et la flexibilité des ressources humaines et technologiques sont les facteurs principaux du développement. Tous doivent souscrire à cette vision de l’organisation et se montrer responsables, adaptables. Il n’est pas rare d’entendre un chef de service demander à un salarié de trouver des solutions pour résoudre un problème d’organisation.

Conjuguer l’efficacité interne et externe de l’entreprise représente précisément l’enjeu de plus en plus d’entreprise, de petite ou de grande taille. Il suffit de consulter la presse quotidienne ou spécialisée pour en avoir une idée. Elle rappelle régulièrement que la réduction des effectifs et la formation sont toujours les clefs pour répondre aux effets destructeurs d’un plan social, ou au besoin compétitivité des entreprises. « La bonne méthode pour se maintenir dans l’emploi, dans la société du travail, c’est se former. La bonne méthode pour adapter son entreprise aux exigences du marché, c’est la formation. »

Former, se former… est ce là plus précisément qu’il faut chercher ? La formation, ses principes, ses éléments conceptuels permettent-ils de comprendre comment se justifie une nouvelle organisation du travail quand il s’agit de justifier ses pratiques par la recherche permanente de l’efficacité sociale, économique et financière, le tout confondu , et par la même, le maintien d’un lien social durable, de la cohésion sociale, et surtout d’un sens significativement acceptable là où l’anomie pourrait prendre le pas. En pratique la formation est un processus qui utilise des méthodes pour conduire aux changements, pour passer d’une situation A à une situation B en donnant un sens nouveau aux actions à engager.

En fait, tout cela alimente, dans le cadre de notre réflexion, l’intuition d’une formation devenue un élément du discours des entreprises qui justifie, et l’organisation et le discours lui-même.  Nous pourrions être confrontés à une « formation permanente », comme méthode sociale qu’il conviendrait de définir. Elle conduirait à produire, de manière permanent et récurrente, un autre sens au vivre ensemble, conforterait la cohésion social, dans le domaine particulier du travail et du développement économique des entreprises.

En trente ans, le monde du travail a évolué considérablement mais la réalité, toujours capitaliste, prend aujourd’hui une autre forme. La valse des entreprises sous prétexte de manque de profitabilité (alors que leur activité est rentable), ou de réponse efficace à la crise économique mondiale, jalonne le quotidien des salariés. Notons que dans le secteur public, depuis la loi de 19 janvier 2007 sur la recherche de performance dans les administrations est aussi le prétexte à la réduction des emplois au bénéficie de la performance à ceci prêt que cette performance de concerne pas l’augmentation de la profitabilité mais la réduction de la dette (qui représente une autre forme d’immobilisation).  Alors comment réinscrire le mot travail dans la réalité actuelle ? Comment dans de telles conditions percevoir son avenir professionnel, et citoyen ? Comment se maintenir dans le travail quand il ne s’agit plus seulement de bien faire ce qui est demandé ? Comment agir alors que les enjeux des entreprises privée ou publiques ne sont plus directement liés au quotidien ? Voilà les questions qui hantent le salarié aujourd’hui quand il rejoint son entreprise.

La crise financière puis économique qui jalonne notre histoire récente précise deux aspects de cette autre réalité :

  • dans l’entreprise, tout est incertitude et tout se vit dans le moment, qu’il s’agisse de sa relation aux autres salariés ou qu’il s’agisse du sens que les salariés donnent à leur activité. Avec la crise de la dette en Europe de 2011, cette réalité tente de s’imposer aux administrations.
  • les « Patrons » demandent toujours plus d’autonomie, de prise d’initiative, et de responsabilité à tous les niveaux (prestataires, voir certains salariés), sans offrir de garantie en contre partie. Ils reportent le risque y compris sur le salarié individuel (les grand groupe reçoivent des aides, les PME déposent leur bilan et les salariés sont licenciés)

Cette autre réalité, construite sur un changement permanent des repères, des références, des enjeux appelle une autre vision du monde du travail. « Former et se former » semble devenir un élément de langage récurrent des processus d’adaptation aux aléas du marché, à la demande d’efficacité des organisations. Dans et par le discours nous avons affaire à une banalisation de l’instabilité sociale et à l’injonction de la formation tout au long de la vie même si cette dernière suscite encore quelques résistances.

Oui, mais alors, comment l’individu qui vit ou survit de son activité salariée va pouvoir s’adapter à cette évolution, comment s’exprime les nouvelles formes de l’équilibre social produites par ce changement profond ? C’est questions reste en suspend. Cherchons à comprendre « Comment et par quoi l’évolution de l’efficacité de l’entreprise, des administrations, modifie la relation des salariés, des agents à leur travail et fait de la formation un élément structurant du vivre ensemble ?»


[1] Si les PME tardent à adopter cette vision, elles y adhèrent en devenant les prestataires des donneurs d’ordre qui en font la promotion. C’est l’exemple donné par la production automobile quand de grands groupes contraignent leurs filiales et leurs réseaux de prestataires à s’adapter à leurs propres exigences, quand ils fixent en amont, des prix d’achat en baisse qui les obligent à une réduction importante de leur masse salariale. Du coté des plus grandes entreprises, nous retiendrons l’action des fonds de pensions ou de placement quand ils investissent une entreprise pour augmenter leur profit.  Dans la plus part des cas, ils vendent et replacent sur le marché les valeurs immobilières (ils louent le siège social qu’ils ont vendu), ils réduisent leur stock, ils externalisent tout ce qui ne concerne pas l’aspect stratégique et appliquent une réorganisation des ressources et des relations humaines dans l’entreprise. Les entreprises cotées en bourse, les sociétés anonymes appliquent aussi ces méthodes avec des exigences de réactivité généralement plus importante.

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La crise économique: Les solutions de la Gauche ne sont pas celles de la droite

Posté par paulbesombes le 26 novembre 2008

Je laisse ici la parole à Laurent Fabius parce qu’il sait dire à quel point la Crise que nous vivons actuellement est d’abord une crise politique et sociale: la volonté d’accroître la profitabilité hors de toute proportion acceptable par ceux qui vivent du fruit de leur travail. La bataille sur les solutions doit aborder les réponses internationales en imposant l’idée que l’épargne est nécessaire et qu’accroitre l’endettement n’est plus envisageable . Elle se doit de placer le projet de civilisation soutenu par l’Europe au coeur de la scène internationale parce qu’il offre une alternative à l’impéralisme des toutes puissances  parce qu’il permet une refondation du multéralisme . Elle doit aussi remettre en cause nationalement les propositions clientélistes du gouvernement pour donner plus de moyen à ceux qui consomment pour vivre (augmentation des salaires et des retraites ). Retennons parmis les dispositifs à mettre en place cette proposition de créer des Comités Départementaux de l’emploi dirigés par les préfet . Enfin, dans ce discours, Laurent Fabius montre l’essentiel en parlant de l’autocratie de notre président en en utilisant la formule « Gouvenement du président, par le président, pour le président ». Nous devons réflechir au moyen de réhabiliter notre constitution qui dit « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Méditons sur nos moyens d’actions, il y a urgence!!!  http://www.dailymotion.com/video/k6HTk7YM5ulClWQlFC

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Le reste à vivre plutôt que le pouvoir d’achat

Posté par paulbesombes le 26 mars 2008

Le pouvoir d’achat est la capacité d’achat en termes de biens et services d’un revenu donné après avoir déduit tous ce qui est du. Tout cela se calcule sur la base de données statistiques qui ne reflètent pas ce qui vivent les français ( la part du loyer est plus proche de 30% que de 11% pour les moins riches, le revenu consacré à l’alimentation constitue l’essentiel des dépenses, tous les français ne mangent pas au restaurants et les dépenses en carburants sont de plus en plus difficile à assurer d’autant plus qu’elles sont incompressibles pour l’accès au travail).

La notion est abstraite. Seul les initiés en maîtrise le sens. Par contre chacun de nous le vit de manière différente dans son quotidien. Tout dépend  de la capacité que nous  avons à faire des choix de consommation. Ainsi l’étendu de nos dépenses contraintes en modifient sa perception.

Partir des dépenses contraintes des ménages donne une dimension humaine à cette indicateur. Il faut prendre en compte les dépenses incompressibles à la subsistance de chacun. S’agit-il du seuil de pauvreté qui est actuellement en France fixé à 681€ pour une personne  et à 1500€ environ pour un couple avec deux enfants (Observatoire des inégalités) ou d’un autre indicateur plus pertinent ? 

Pour vivre dans notre société de la connaissance, il faut avoir un logement, un travail, une formation initiale, de la formation permanente, une bonne santé et des moyens pour se déplacer. Tout cela a un coût et ne pas avoir les moyens de le financer dans sa totalité entraîne une exclusion au moins partielle. Il s’agit du coût du vivre ensemble, du coût pour vivre ensemble. Notons au passage qu’il varie en fonction du territoire que l’on habite.

A l’évidence, avant de parler de pouvoir d’achat, le législateur devrait évaluer le coût moyen de ces dépenses incompressibles en prenant en compte les particularismes locaux (prix du m² à la location et coût d’accès au logements, prix de l’essence, coût d’accès au travail, à l’éducation et à la formation, coût de la mobilité).

Le pouvoir d’achat comme donnée statistique ne semble pas actuellement l’indicateurs le plus pertinent. Il ne prend pas en compte le risque de l’exclusion.  La mondialisation s’accompagne actuellement du principe social et politique de « l’inclusion exclusion » alors même que les pensée politique française se cristallise sur celui de l’intégration et de la différenciation. Un nouveau mode de pensée doit naître.

A mon sens, il s’agit de lui substituer à la notion de pouvoir d’achat celle de  « reste à vivre ». Il devra se calculer comme la part de revenu qui reste à chacun une fois déduites tout les charges induites par l’exercice libre de sa citoyenneté. Le cumul de ces charges constituent le coût économique du vivre ensemble. Celui ci  correspondra à la moyenne pondérée  des coûts individuels du vivre ensembles qui  incluent donc tous les coûts locaux induits pour le libre accès de chacun au logement, à l’éducation, au travail et à la formation, à la santé et à la mobilité. Cette manière de calculer incitera à agir dans le sens de l’équilibre des territoire. Il pourra se décliner au niveau local, régional ou national.

Un reste à vivre à zéro sans épargne indique le point d’équilibre. Un reste à vivre négatif sans épargne indique l’exclusion au moins partielle. La hauteur du reste à vivre positif après épargne indique la capacité du citoyen à participer à l’évolution économique de la cité. Au moins les choses sont claires… Les choix politiques et économiques à faire aussi.

C’est donc le reste à vivre qui devrait alimenter les débats sur le pouvoir d’achat, à l’argument économique nous pourrions ajouter un argument social. Nos orientations économiques détermineraient alors notre volonté de faire vivre ensemble sans exclusion tous les habitants du territoire.

A méditer !!!

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La formation permanente pour changer de civilisation : l’Eurogroupe allié de Sarkozy.

Posté par paulbesombes le 4 janvier 2008

La mondialisation structurée par les puissances économiques a besoin de changer les choses. Elle semble aller de soi, mais des hommes agissent par le discours pour la rendre incontournable. L’enjeu :rendre l’Economie autonome, l’abstraire de sa raison sociale.

Je veux ici revenir sur un article du Monde du 1 er Janvier 2008. Le traité de Lisbonne reconnait l’Eurogroupe. L’Eurogroupe, qui était déjà inscrit dans le traité de constitution européenne rejeté par la voix référendaire en France, regroupe les ministres des finances des 15 Pays de la zone euros (Portugal, Espagne, France, Italie, Grèce, Slovénie, Autriche, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays Bas, Finlande, Irlande enfin Chypre et Malte).

Ainsi, je retiens plusieurs citations du protocole annexé au traité de Lisbonne et je vous en donne lecture. Les ministres dans l’Eurogroupe agissent :

-se réunir « entre eux de manière informel »

- discuter des questions liées « aux responsabilités spécifiques qu’ils partagent en matière de monnaie unique ».

-« développer une coordination sans cesse plus étroite des politiques économiques dans la zone euro ».

-« prévoir des dispositions particulières pour un dialogue renforcé entre les Etats Membres dont la monnaie est l’Euro en attendant que l’euro devienne la monnaie de tous les Etats Membre de l’Union Européenne »

-« renforcer la coordination et la surveillance de leur discipline budgétaire »

-« élaborer pour ce qui les concernent les orientations de politique économique…et …à en assurer la surveillance »

Est-il utile de préciser que les Etats membres de l’Union Européenne désireux d’intégrer l’Eurogroupe doivent obtenir l’aval de ceux qui en font déjà parti. (le libre engagement peut devenir sous certaines conditions de la servitude volontaire…)

Nous le voyons ici ; et cela est vrai pour toute communauté territoriale d’importance, l’unité cache un principe : l’essor économique. L’enjeu consiste pour la zone euro comme, à une autre échelle, pour la communauté d’agglomération à rendre la règle de la plus value récurrente à l’art de vivre ensemble. Le moyen utilisé c’est le discours politique.

La politique, comme parole en action transforme, la manière de vivre ensemble grâce au symbole même de l’unité territoriale : l’Euro. Le changement de société est initié par quelques hommes qui ont le pouvoir de signer des Traités (voir aussi de les ratifier : l’élite éclairée dans ce cas). Ils agissent directement sur le quotidien de ceux à qui ils s’adressent. A partir d’une règle de fonctionnement initiée par ceux là même, la société se transforme en changeant spontanément sa propre règle. Il s’agit là du principe de « la formation permanente » qui conduit désormais l’évolution du capitaliste. Cela n’a rien à voir avec un citoyen maître de sa destinée.

Le système utilise ses ressources pour changer la société.  Il faut reconsidérer sous cette angle ce que nous dit un président de la République quand il en appelle, comme il la déjà fait dans sa lettre aux éducateurs, à « une politique de civilisation » …  « à une nouvelle renaissance »…

Je suis attentif à ces propos et je pense que la République que j’appelle de mes vœux doit se doter des outils qui redonneront du sens au vivre ensemble. Il faut lutter contre cette nouvelle civilisation qui exclut tous ceux qui ne participent pas du discours normalisé par la mondialisation. Il faut que l’intelligence collective s’active et que les républicains du progrès forment et informent pour que les citoyens reprennent la main sur leur destiné. Si le discours des puissants, si peu nombreux, peut changer le monde, par nos pratiques nous changerons ensemble le cours des choses pour réhabiliter l’homme et la citoyenneté.

Plutôt que de dire ce qu’il faut faire asseyons nous tous autour de la table (par petit groupe dabord, puis de plus en plus nombreux …) et posons la question sans réponse à priori du comment faire pour changer les choses. Opposons la question du savoir vivre ensemble à la formation permanente de l’économie.

Paul Besombes

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La TVA Sociale de retour au Sénat : Servitude des uns contre la liberté de tous.

Posté par paulbesombes le 20 novembre 2007

Je viens de lire l’article du Monde du « Ecofrictions CSG Contre TVA sociale » paru dans l’édition du 13 novembre. Il est dit en substance que les Sénateurs de la commission des finances préfère taxer la consommation plutôt qu’augmenter les impôts sur les personnes. C’est une philosophie de la chose publique qui s’affronte à celle des membres de la commission des affaires sociales qui préférent une augmentation de la CSG.  

Ils invoquent les uns et les autre un risque inflationniste. Dans les faits, les deux courants de pensée ont raison. C’est deux actions pénalisent le pouvoir d’achat de ceux qui consomment. Elles pénalisent la consommation parce qu’actuellement l’ensemble des ressources des ménages sont consacrées à la consommation pour vivre. L’épargne n’est plus à l’ordre du jour. 

En d’autre circonstance, taxer la consommation où les revenus du travail pourrait devenir une solution pour financer la solidarité nationale. Mais aujourd’hui les Français qui seraient touchés par ces dispositions seraient placé dans une logique de survie qui n’est pas supportable du point de vue de la fraternité qui conduit l’esprit Républicain. Un désordre sociétal s’installerait. 

C’est donc sur d’autres voies qu’il faut chercher la solution. En théorie le capitalisme est une pratique qui pénalise une catégorie de la population mondiale. Il en va de même, sur leur territoire, pour les pays qui font partie des grandes puissances économiques. Il est contraint d’agir dans le sens de la non violence et d’obtenir pour être pérenne l’adhésion de ceux qui supportent ses effets. Des régulations s’impose sauf pour le monétarisme qui est une forme particulière du capitalisme. 

D’une manière générale le capitalisme se soucie des hommes qui produisent la richesse, le monétarisme prétend que l’économique est autonome. Seul les flux financiers sont déterminants, le capital humain est une immobilisation qui nuit à la fluidité du marché. C’est à cette version du capitalisme que nous avons souscrit en élisant Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. C’est cette version que défendent ceux qui le soutiennent dans son projet de société. 

L’un des principes fondateurs de la libre concurrence comme support du capitalisme est celui de la solvabilité de la demande. La demande est solvable quand celui qui achète un bien est en mesure de régler sur le champ le prix de la chose acquise. Cela est de moins en moins la règle. L’endettement se généralise à tous de l’Etat au simple concitoyen. Il est un report de la solvabilité et ne garantit pas l’indépendance du demandeur. Nous sommes actuellement confrontés à une nouvelle forme de servitude lié au développement du crédit : l’assujettissement librement consenti. 

Pour revenir au sujet de notre exposé. La taxe sur la consommation correspond à une augmentation du niveau de l’assujettissement de ceux qui consomme le plus, de ceux qui consomment pour vivre. Cette violence va à l’encontre de l’Esprit du Capitalisme. Plus encore, il va à l’encontre des principes républicains de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Loin de corriger les effets pervers du capitalisme, elle les accentue. 

Tous les citoyens ne sont pas dotés des mêmes moyens pour participer de la solidarité nationale.
La République ne peut consacrer une réforme fiscale qui contribue à limiter les libertés de certains au profit d’autres. 

Une contrainte s’impose pour la programmation financière : le préalable de la solvabilité. Le gouvernement et le législateur ne peuvent diminuer l’espace des libertés des citoyens en augmentant leur niveau de servitude même si c’est librement consenti. Il faut donc qu’il demande le financement de la solidarité national à ceux qui disposent des moyens suffisants pour satisfaire une demande solvable. 


La Taxe sur la consommation n’est donc pas la voie à suivre. La taxer sur la plus value semble plus adapté au même titre que la limitation du potentiel des niches fiscales. Nous avons bel et bien affaire ici à une affaire idéologique qui pose comme principe de favoriser les uns contre l’intérêt général. 

À Méditer!!! 

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