Cette fois-ci, pas sans les parents !

Posté par paulbesombes le 29 juillet 2010

16 000 nouvelles suppressions de postes pour la rentrée 2011 ! Cette mesure annoncée à la fin de l’année scolaire est passée presque inaperçue. Dans les faits, elle accompagne un ensemble de mesures pour 2011-2013, laissées à l’arbitrage des recteurs, sans que les parents d’élèves n’aient été consultés dans les départements et dans les académies.

Parlons chiffres, mais d’une autre manière. Le temps de l’école, c’est 10% du temps de l’enfant et c’est un moment privilégié qui engage le reste de sa vie. Les parents le savent bien, ils voudraient donc être consultés et associés aux décisions qui seront prises dans ce domaine parce que, de part leur nature, elles vont influencer lourdement le futur de leur enfant.

Les élèves sont à la fois le centre et la raison du système éducatif. Ils devraient en toutes circonstances être le centre des préoccupations de ceux qui organisent leur vie, à l’école d’abord, au collège et au lycée ensuite.

Mais le gouvernement leur impose d’abandonner de plus en plus les logiques humaines et sociales pour des logiques économiques.

Au bout du compte, ceux qui vont payer la note sont bel et bien les enfants, sans que personne n’ait pu entendre les attentes de ceux qui défendent au mieux leurs intérêts, leurs parents.

Dès maintenant, tout s’organise pour les années à venir. Les Recteurs planchent sur le schéma de l’emploi 2011-2013. Leur objectif consiste à analyser la situation de leur académie puis à proposer des mesures, des leviers pour répondre aux exigences de leur ministère. Ils ont rendu pour le 15 juin un ensemble de propositions qui devaient prendre en considération plusieurs pistes et en particulier :

  • La suppression des établissements de petite taille (écoles et collèges) avec des regroupements, sous prétexte de rationaliser les moyens, et un relèvement des seuils pour ouvrir ou fermer une classe.
  • L’abandon de la scolarisation des « 2 ans »
  • L’augmentation du nombre moyen d’élèves par classe dans les écoles, collèges et lycées.
  • La suppression des RASED.
  • Une « rationalisation » de l’offre de formation pour les élèves du second degré et notamment une action sur la carte des formations professionnelles.
  • Une gestion plus serrée du remplacement des enseignants en cas d’absence.

Madame le Recteur a précisé, lors de sa rencontre avec les parents d’élève de la FCPE bas-normande, qu’il fallait envisager, pour la région, un travail sur le maillage scolaire. Il faut s’attendre au regroupement ou à la fermeture d’écoles ainsi qu’à un réaménagement de l’accueil des élèves dans les petits collèges.

Les parents d’élèves de la FCPE ont de grosses inquiétudes pour l’avenir de l’école. Toutes ces mesures doivent inciter à se fédérer, à mutualiser les informations et à agir collectivement pour  que la parole des parents soit enfin entendue. Il faut que l’intérêt des enfants passe définitivement avant l’intérêt économique.

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

Difficultés pour apprendre : besoin de reconnaissance et lutte contre l’illettrisme

Posté par paulbesombes le 29 mars 2010

Alors que le ministère recentre les objectifs de l’enseignement sur l’acquisition des fondamentaux, « lire, écrire, compter », les parents des enfants dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques ont toujours le sentiment d’isolement.

Aujourd’hui, en France, Le Ministre l’éducation s’émeut devant le nombre personnes sorties du système scolaire sans avoir acquis la capacité à lire ou à écrire correctement. Il veut lancer un grand plan de lutte contre l’illettrisme et la tentation est grande de renvoyer cet échec de l’éducation nationale au milieu familial ou à l’environnement social et culturel d’origine de l’élève. Comme si des parents qui ne lisent pas pouvaient avoir une influence sur la capacité à lire de leur fils, de leur fille. Il oublie les enfants dyslexiques qui doivent se faire une place pour acquérir les savoir fondamentaux écrire, lire, compter.

Un jeune par classe vit sa scolarité en présentant des troubles de l’apprentissage. Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie, dyspraxie … touchent sous une forme plus ou moins sévère 10% de la population. Aux Etats-Unis, les contraintes d’accès à la langue maternelle porte ce chiffre à 25%, un vrai programme d’accompagnement de la scolarité est activé.

Le problème est sérieux, l’Education Nationale doit le prendre en charge en lien avec la MDPH pour les formes les plus sévères. « Faire réussir tous les jeunes » implique une vraie stratégie pour intégrer à son organisation le traitement de ces difficultés. Sous leur forme les moins sévères et sans un repérage précoce ces troubles peuvent influencer l’échec ou le décrochage scolaire, voire maintenir dans l’illettrisme. Il y a là un double enjeu pour le ministère et les équipes éducatives : innover pour engager le jeune sur des parcours de réussite scolaire et lutter contre la souffrance vécu dans la classe. En dehors les familles souvent isolées et impuissantes demande un accompagnement spécifique.

Savoir lire, compter et écrire sans faute d’orthographe reste associer à l’image du bon élève.
Aujourd’hui, les réformes du primaire renforcent cette vision en multipliant des évaluations qui en mesure l’acquisition. Ces savoirs au même titre que l’apprentissage des langues, notamment l’anglais, sont les lieux d’expression des troubles de l’apprentissage. Parfois, sans recul suffisant l’enfant est mal perçu et l’escalade vers l’incompréhension, le rejet ou l’exclusion commence. Les solutions apportées ne sont pas toujours adaptées. C’est le cas des 2h de soutien personnalisé pour les élèves en difficultés préconisé par le ministère.

L’éducation Nationale se donne-t-elle les moyens de la réussite de tous les élèves. Oui avec une reconnaissance officiel du handicap ; oui avec la possibilité de majorer d’un tiers les temps de composition pour les épreuves écrite ou encore avec la possibilité d’utiliser un ordinateur ou d’une secrétaire pour la correction de l’orthographe. Oui avec la mise en place de plan d’aide personnalisé… Non pour les risques psychosociaux ; non pour la formation des enseignants et encore moins aujourd’hui qu’hier avec la reforme de la formation des enseignant voulue par M. Chatel et Me Pecresse ; non pour l’information des familles qui restent le plus souvent isolées parfois stigmatisé quand il adresse une demande de reconnaissance.

Les familles averties acceptent plus facilement le repérage de l’enseignant et recourent au dispositif de reconnaissance du Handicap même pour les cas les moins sévères. Les familles les moins informés, les plus précaires ne trouvent que rarement des solutions par méconnaissance ou par peur des conséquences. Un vrai clivage, voir une discrimination pour la réussite scolaire s’opère alors même que l’égalité de l’offre ne peut se substituer à l’égalité de résultat (au moins pour sortir de l’illettrisme et obtenir un premier niveau de qualification).

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

L’internat dans un lycée des qualifications : Une cité qui accueille les élèves.

Posté par paulbesombes le 29 décembre 2009

Longtemps considéré comme une sanction par ses utilisateurs, l’internat doit devenir un outil de la démocratisation de l’accès au formation souvent éloignées du lieu d’habitation habituel des élèves. Sa finalité est sociale et pédagogique.

Alors que l’éloignement du domicile familiale représente un frein aux choix d’orientation, il offre aux familles la possibilité de réduire les temps de transport. En cela il représente un avantage qualitatif qui peut déterminer le choix des futurs élèves pour intégrer une filière générale, professionnelle ou technologique. Il est, à la fois une réponse au besoin de mobilité sur tout le territoire Bas Normand et une réponse aux effets indésirables qu’entrainent l’augmentation du temps scolaire sans apprentissage (temps de transport) pour la réussite de tous les élèves.

Il ne doit plus apparaître comme un lieu d’enfermement qui isole du monde extérieur sur le temps scolaire ; c’est pourquoi nous défendons l’idée d’une citée lycéenne qui offre tant par l’aménagement des espaces (architecture) que par l’organisation de son accueil une triple dimension à l’élève en tant qu’adolescent :

  • Une dimension individuelle en aménageant une organisation qui reconnaisse à l’élève la capacité à s’isoler. Cela se transcrit notamment dans la construction des chambres et des lieux de toilette mais pas seulement. Des espaces de travail individuel doivent être mis en place.

  • Une dimension collective en permettant à l’adolescent de s’inscrire dans une démarche de coopération et de co-activité (travail en équipe, foyers, restauration, citoyenneté…)

  • L’ouverture sur la vie locale en donnant la possibilité à chacun de participer à des activités culturelles et sportives sur site mais ouvertes à la présence d’élèves non internes. Chaque élève interne doit pouvoir se constituer un réseau de relations locales (lien avec les élèves, les associations, les administrations locales…)

La cité lycéenne doit prendre en compte le besoin de rencontre et de mixité sociale notamment en intégrant sur un seul lieu les élèves des filières générales, technologiques et professionnelles. Cela invite à reconsidérer la notion d’établissement scolaire. En effet, la réponsabilité des chefs d’établissement est un frein compte tenu des risques que peuvent encourrir les élèves mineurs pendant leur déplacement. Actuellement, en dehors de l’internat, ils relèvent de la responsablité familliale.

L’exemple de la cité universitaire peut conduire la construction d’une cité lycéenne qui offrira, sur un seul lieu, l’ensemble des infrastructures nécessaires à la vie commune: l’agora pour l’expression de la citoyenneté, le restaurant scolaire, à la fois lieu de restauration et lieu de convivialité, les équipements sportifs et culturelles, les espaces de travail individuel et collectif auxquelles s’ajoutent les centres de documentation et espaces numériques, ainsi que l’internat comme lieu de récupération.

Il s’agit là de construire la cité lycéenne comme structure d’intégration d’un lycée des qualifiactions. Cela est particulièrement valable pour les villes dans lesquelles sont présents les lycées d’enseignements généraux, technologiques et professionnel. Trop souvent cloisonnés, ils ne favorisent pas la rencontre des élèves  des différentes filières et par effet l’opportunité des passerelles entre filières. Cela pourrait représenter un atout majeur si la décision de construire un lycée des qualifications multisite (pour répondre aux exigences matérielles de l’enseignement professionnel) était prise.

Les moyens humains et financier doivent être à la mesure des objectifs d’accueil.

  • Le personnel d’encadrement (surveillant avec les compétences d’accompagnement et de pédagogie), les agents de la collectivité (entretien, lingerie, restauration,), les personnel de santé( infirmières et psychologues, les CPE des Lycée d’accueil s’associe pour donner à l’adolescent la possibilité des développer sa personnalité et son bien être dans un cadre collectif qui fixe les règles de vie en communauté.

  • Un conseil d’administration doit naître de cette collaboration et prendre en compte la voix des élèves ainsi que celle des parents. La gestion doit être concertée.

  • L’ouverture sur le monde de la cité lycéenne doit se matérialisé par un investissement massif sur les NTIC et sur le développement durable (à l’exemple du Poitou Charente). De la même manière, elle devra se doter d’outil d’évaluation des ressources pour s’adapter au demande d’accueil des élèves handicapés.

Les cités lycéennes non réservées aux grandes agglomérations doivent représenter pour le conseil régional un investissement sur l’avenir des jeunes. Leur construction peut limiter l’orientation subie vers l’apprentissage, dès le plus jeunes âges, et notamment vers l’apprentissage dans les structures privés. Leur accès doit être facilité pour les jeunes dont les familles disposent des ressources les plus faibles et qui sont les plus éloignés des structures d’accueil pour leur choix de formation. Elles doivent être perçues comme un facteur de démocratisation pour l’accès au lycée pour tous les habitants du territoire bas normand.

Cette proposition est une forme idéale qui ne prend pas en considération les problèmes de sécurisation des déplacement des élèves mineurs mais l’émergence d’un lycée des qualifications regroupant l’ensemble des filières (général, professionnel, technologique) permettrait de dépasser ce problème. L’idée de campus lycéen est sous entendue dans mes propos.

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

Une vraie stratégie pour la réussite scolaire de tous.

Posté par paulbesombes le 18 novembre 2009

150000 élèves par an sortent du système éducatif sans diplôme, 9% des personnes ayant été scolarisé en France sont proches de l’illettrisme. Cette situation est inacceptable dans une société qui exige toujours plus de connaissance pour assurer l’intégration sociale et professionnelle des citoyens.

L’école publique obligatoire gratuite et laïque est née de la volonté d’offrir à chaque enfant ou jeune, élève pendant le temps scolaire, les outils dont il aura besoin pour exercer pleinement sa citoyenneté. Consciente des difficultés rencontrées par certains d’entre eux, elle a su créer des dispositifs d’accompagnement capables d’augmenter leur chance d’intégration, avec l’objectif affiché de la réussite de tous les élèves.

Les Rased vont disparaître sous les pressions budgétaires du gouvernement. Pourtant, elles répondent directement à cette vocation par la prévention et l’accompagnement. Le repérage précoce d’une difficulté à entrer dans les apprentissages et la lutte contre son installation ou son amplification permet, de favoriser à la fois la progression dans le cursus scolaire ordinaire  et une bonne insertion dans la vie collective. L’intégration scolaire de tous les élèves, y compris ceux en situation de handicap passe par un accompagnement des situations de difficulté d’apprentissage ou d’adaptation à l’école, installées et durables, qui se traduisent par des écarts d’acquisitions nets avec les acquisitions attendues. Tout cela s’organise autour d’un travail en équipe centré sur l’élève pris dans toutes ses dimensions (psychologique, sociale, comportementale…)

Les difficultés prises en charge par les réseaux persistent bien au-delà,  d’abord au collège, ensuite au lycée. D’autres dispositifs  d’accompagnement sont mis en place notamment les PAI, les UPI, les SEGPA. Tout cela nécessite un accompagnement spécialisé pouvant allier un socle commun et une spécialisation centrée sur la difficulté de l’élève.

Passé le seuil de la scolarité obligatoire, peu de pistes sont évoquées. Le recours à l’enseignement professionnel de courte ou moyenne durée ou encore à l’apprentissage pour ceux qui n’aiment pas l’école semble une solution de bonne conscience. Quoi qu’il en soit, les sorties sans qualification ou l’illettrisme avéré sont les constats de l’échec de l’école quand elle veut la réussite de tous les élèves.

Le plan de cohésion sociale prévoit d’associer de nombreux partenaires pour assurer dans les autres domaines que ceux de l’apprentissage la réussite de tous les élèves de l’école à la sortie de la scolarité obligatoire. Il place l’enfant, l’adolescent et la famille dans une perspective d’accompagnement à la scolarité. Mais une vraie solution résiderait précisément dans la mobilisation de toutes les ressources à l’intérieur de l’école et notamment en dehors de la scolarité obligatoire.

L’académie de Caen traite de ce sujet dans sa Politique de prévention et de traitement des sorties sans qualification.  Elle retient trois axes : la prévention, des actions spécifiques de formation et des expérimentations.

Mais la solution réside précisément dans la mobilisation de toutes les ressources à l’intérieur de l’école et cela s’impose encore plus en dehors de la scolarité obligatoire, dans les lycées généraux,  professionnels et technologiques.

Il faut accepter la notion même de la difficulté scolaire centrée sur l’élève dans toutes ces dimensions pour lui offrir un parcours adapté à ce qu’il est et ce qu’il sait faire. L’école est une réalisation pour chacun, elle doit se doter des moyens nécessaires pour garantir l’accès  à et l’exercice de la citoyenneté.

En parler  en l’associant de manière systématique à l’idée réussite ouvre une perspective intéressante notamment pour appréhender les actions à mener au-delà de la scolarité obligatoire. En effet, centrée sur l’élève en situation d’apprentissage (pédagogie et vie scolaire), il considère la scolarisation comme une réalisation. Ainsi un travail collectif peut conduire le jeune décrocheur à redevenir élèves. Il ne suffit pas d’imposer des dispositifs parce qu’ils présupposent un consentement non assuré, mais de construire avec l’élèves des solutions capables d’intégrer l’ensemble de ces dimensions.

Même si cette solution semble impossible compte tenu des orientations budgétaires de l’actuel ministère de l’éducation, ne devons nous pas réaffirmer que la pédagogie différenciée, à l’exemple de ce qui s’organise dans les Rased, est une solution pour la lutte contre l’exclusion tout au long de la scolarité et surtout en dehors de la période obligatoire, dans les lycées ?

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

L’annonce de la création de l’agence de remplacement des profs suit la méthode du gouvernement :

Posté par paulbesombes le 14 août 2009

  1. Structurer son action sur un discours : L’Éducation Nationale est aujourd’hui incapable de satisfaire les besoins des français en matière d’organisation de la vie scolaire. Il faut innover pour plus d’efficacité.
  2. Créer l’événement : la suppression massive des postes d’enseignants contraint les Inspecteurs d’académie à répartir au mieux les moyens dont le ministère les a dotés. Ils réduisent l’effectif de leur brigade de remplacement pour maintenir des classes dans les écoles. Les remplacements pour les absences maladie de longue durée ne peuvent pas être effectués. Chatel lance le Débat dans une interview sur RTL …
  3. Susciter l’indignation : Il n’est pas pensable de laisser des élèves sans enseignants sur une longue durée. Chacun a les mêmes droits à l’éducation.
  4. Construire la critique sociale : les médias sur-valorisent l’information en transformant les faits divers en événements. L’impression de généralité est impulsée. Une réponse nationale est attendue. Ici, la critique s’exprime sous la forme : l’Éducation n’assure pas son obligation de continuité du service public, il faut innover pour palier à cette insuffisance.
  5. Le gouvernement formule une proposition isolée: ici la création de l’agence qui pourtant vient compléter le SMA, les cours à la télé pour palier à la grippe A, le chèque scolaire avec la loi Carle, les EPEP, le plan « banlieue ».

 

Expliquer la méthode, c’est montrer la cohérence du projet. A mon sens, c’est un enjeu pour mobiliser l’opinion publique. Nous serons d’autant plus crédibles que nous construirons des réponses qui correspondent à chacune de ces étapes en montrant leur imbrication.

Publié dans Education, Le saviez vous, Prise de position | Pas de Commentaire »

Luc Chatel donne des cours à la télé et crée l’évenement : une méthode pour promouvoir l’école libre.

Posté par paulbesombes le 12 août 2009

Est-il pensable de se servir de la grippe A que l’on qualifie de pandémie pour créer un événement qui pourrait permettre par la suite de justifier le recours à l’éducation libre ? Comment un jeune élève peut-il apprendre sans le maître ? Même les adultes, plus autonomes, dans leurs apprentissages éprouvent des difficultés pour le e-learning (qui n’a rien à voir avec une émission de télé).

Est que tous les élèves ont le même niveau de compréhension au même moment de l’année ? Le rythme des enseignements sont-ils les mêmes pour toutes les classes d’un même niveau sur tout le territoire ?

L’école publique obligatoire gratuite et laïque est un patrimoine commun, un lieu de vie et d’apprentissage qui met en relation des enseignants et des élèves. Elle n’a rien à voir avec une télé froide qui distille une information sans se soucier de celui qui la regarde.

Sans l’école comme lieu de vie commune pour apprendre et devenir citoyen, l’apprentissage de la citoyenneté dans une République « Liberté, Egalité, Fraternité » est une théorie. Seul un lien vertical unit tous les individus à la République, le lien horizontal pourtant essentiel à la citoyenneté n’a plus d’incarnation.

J’espère que cette initiative ne servira pas de prétexte pour banaliser l’éducation à la maison.

Publié dans Education, Prise de position | Pas de Commentaire »

Remplacement des profs absents : Chatel ouvre une agence pour externaliser …

Posté par paulbesombes le 12 août 2009

Luc Chatel emboîte le pas à Xavier Darcos en annonçant la création, dès septembre, d’une agence pour remplacer les profs absents, sans concertation préalable.

Alors qu’il supprime massivement des postes d’enseignants dans l’Education Nationale, il externalise… la mission de continuité de service public et une partie de la gestion des ressources humaines… en attendant d’externaliser l’école elle-même. Le chèque scolaire accompagnant la loi Carle sur le principe d’équité du financement publique privé fera le reste.

En créant cette agence, il intègre les pratiques des grands groupes industriels qui externalisent ce qui leur coûte le plus cher : la production et la masse salariale associée. Doit-on appliquer le modèle de l’entreprise à l’éducation et imposer, d’abord à l’agence puis aux écoles locales, les contraintes que connaissent les entreprises pour se maintenir dans le réseau au non de l’efficacité économique ?

Plusieurs questions suscitent la curiosité :

Quelles seront les orientations de l’agence, contractuellement liées à un objectif de résultat, quand l’effectif d’enseignants réduit par les suppressions de poste successives ne suffira plus à satisfaire les obligations d’éducation ?

  • Pouvoir exclusivement au remplacement des enseignants des cycles inscrits dans la scolarité obligatoire et abandonner les remplacements dans les maternelles…
  • Gérer des flux de personnel enseignants sur la base de contrat de mission comme dans les agences intérimaires…
  • Faire appel à des enseignants issus de l’instituts libre de formation de maitre ILFM dirigé par Madame Coffinier ou des centres de formation de l’enseignement catholique CFEC, à moins que l’université catholique maintenant qu’elle peut délivrer des diplômes équivalents à ceux délivrés par l’état ne soit en mesure de fournir les jeunes recrues supplémentaires.

Qui va passer commande ? Le Ministère avec les moyens financiers alloués par Bercy ou l’établissement « autonome et responsable » avec ses moyens propres (DHG ou Masse financière), pour le primaire, l’inspection académique avec sa dotation ou le futur EPEP (établissement public d’enseignement primaire) sous le commandement d’un conseil d’administration largement orienté par les représentants de la collectivité locale.

Cette agence va-elle pourvoir aux remplacements des enseignants dans les écoles libres, catholique ou pas, sous contrat simple (???) ou d’association ? Cette question p aujourd’hui anodine prendra de l’importance quand la majorité gouvernementale adoptera le principe du Chèque Scolaire. Quelles demandes seront satisfaites en priorité ?

Tout cela pointe l’importance, non seulement d’une concertation avec les partenaires sociaux et associatifs de l’éducation nationale et des élus des collectivités territoriales, mais aussi d’une clarification de la notion établissement scolaire. 

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

Parents d’élèves: Sortir de l’isolement pour mieux défendre l’école de nos enfants

Posté par paulbesombes le 1 août 2009

572 écoles rattachées chacune à son collège de secteur (64 pour le département) constituent le réseau scolaire du Calvados. De chez soi, elles semblent isolées les unes des autres, mais cela n’est pas le cas. Ceux qui connaissent le fonctionnement de l’éducation nationale le savent bien. La cohérence existe notamment quand l’inspection académique répartit les moyens pour la carte scolaire, réduit les capacités d’accueil des plus jeunes en maternelle ou met en œuvre la semaine de 4 jours.

Les directives ministérielles sont applicables partout, parfois au dépend de la vie locale. L’enveloppe départementale attribuée à l’inspecteur académique décide du maintien ou de la suppression de classe, voir d’une école si la commune accepte. L’accueil des plus jeunes dans les maternelles est conditionné. La réforme des 4 jours induit une adaptation de l’accueil périscolaire et associatif des communes.

Les parents d’élèves, représentés dans les conseils des écoles et des collèges, sont consultés pour avis. La FCPE est l’organisation majoritaire dans le secondaire, elle est sous représentée dans le primaire. Pourtant ses adhérents sont régulièrement informés de l’actualité et connaissent leur rôle à jouer dans la vie scolaire.

Souvent actives, les associations non affiliées n’ont qu’une vision locale, elles agissent en conséquence. Incapables de coordonner leurs actions au delà de leur école, elles ne sont pas reconnues au niveau départemental, régional et National. Implanter la FCPE dans les 572 écoles du Calvados, avec ses parents informés et convaincre tous les parents de son efficacité présentent un enjeu.

L’isolement dans un contexte purement local et l’ignorance de ce qui se passe en général dans l’éducation empêchent les parents de faire entendre leur voix pour la défense de l’école gratuite publique et laïque. L’école primaire est déterminante pour l’avenir scolaire de tous les enfants. Y animer un conseil local ou le créer, y représenter les parents dans le conseil  doit devenir un objectif.

A la rentrée, la défense de l’école maternelle contre la création des jardins d’éveil, une adaptation du temps scolaire au temps de l’enfant, une vigilance sur les suppressions de classes inopportunes, une attention particulière aux réformes du collège doivent soutenir les actions locales est départementales. C’est pour cette raison qu’il est important, plus aujourd’hui qu’hier, de se fédérer autour de la FCPE.

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

Apprendre dès 2 ans…

Posté par paulbesombes le 15 juillet 2009

Apprendre ou Garder ? La question est posée à Luc Chatel, remplaçant de Xavier Darcos, pour qu’il clarifie son ambition. Elle ne se pose pas à Madame Morano qui veut satisfaire les besoins des familles avec ses « Jardins d’éveil ». L’Education Nationale a, en effet, une autre vocation : former les citoyens de demain. Elle est centrée sur l’enfant et son avenir.Le temps de l’école est un temps d’apprentissage qui dote l’enfant des outils de langage et de compréhension nécessaire pour « vivre ensemble », aujourd’hui dans le milieu scolaire, et demain en général. Il n’est pas un temps de garderie qui consisterait à le placer sous l’autorité d’un adulte, sans compétences éducatives ou pédagogiques, aux seules fins d’éviter qu’il se retrouve livré à lui même.

En France, la loi d’orientation de 89 fixe cette règle : « les enfants français et étrangers peuvent être accueillis à la maternelle à 3 ans, ils peuvent également être admis dans la limite des places disponibles, s’ils atteignent l’âge de 2 ans au jour de la rentrée ». L’intention est claire : Garantir l’égalité d’accès au langage et au vivre ensemble dans le milieu scolaire sur la période la plus favorable à leur apprentissage, quelque soit les réalités familiales d’origine.

Aujourd’hui, profitant de l’argument « dans la limite des places disponibles », le Ministère retire les moyens humains et pédagogiques du bon accueil éducatif dans les écoles maternelles en supprimant des postes. Ainsi, il justifie localement de son incapacité à accueillir les 2-3 ans. Il impose en substitution les Jardins d’éveil.

Pourtant, l’efficacité de l’accueil prioritaire des 2 ans dans les ZEP (Zone d’éducation prioritaire) est reconnue. Il valorise une meilleure intégration scolaire (accès au langage, lutte contre l’échec et socialisation de l’enfant). Les parents, associés au dispositif, comprennent le rôle pédagogique et éducatif de l’école.

Pourtant des classes passerelles, issue d’une collaboration entre la commune, le conseil général et l’Education Nationale existent pour un passage en douceur entre le milieu familial et l’école maternelle. Elles offrent un cadre adapté aux enfants, à leur âge, à leurs besoins et à leurs rythmes. Là encore, l’implication est sollicitée et un lien fort est créé avec les partenaires éducatifs. Il repose sur la collaboration et l’encadrement parallèle d’un enseignant et d’un éducateur.

La FCPE dit non aux Jardin d’éveil proposés comme substitut inapproprié à l’école maternelle et aux dispositifs performants qui existent déjà. Apprendre n’est pas garder, c’est faire grandir les enfants, leur donner le langage et les outils de compréhension pour faire réussir tous les élèves.

Publié dans Education | Pas de Commentaire »

Le discours de la formation dans l’entreprise

Posté par paulbesombes le 9 juillet 2009

« On ne travaille plus aujourd’hui comme travaillait hier, les choses ont bien changées » constate la vendeuse d’un grand magasin. « On nous demande toujours plus d’efficacité pour faire le travail et notre magasin doit s’adapter en permanence à ce que font les autres au risque de disparaitre », lui répond son manageur. Il ajoute, « si on ne travail plus aujourd’hui comme hier, c’est parce que notre client est devenu plus exigeant et que les attentes de notre direction est fixée par des actionnaires encore plus exigeants ».

En trente ans, le monde du travail a connu d’importantes mutations ; Elles concernent les efficacités « interne » et « externe » de l’entreprise ; Elles transforment la relation au travail, d’abord dans la perception qu’en ont les acteurs de vie économique ensuite dans le lien qui unit les salariés aux objectifs de l’entreprise. Elles aboutissent aujourd’hui à une exigence de profitabilité qui s’abstrait des contraintes de production et qui, dans le même temps, agit pour revisiter les modes d’organisation du travail.

Plusieurs éléments viennent décrire cette nouvelle organisation du travail. Le pouvoir réel, celui du maintien sur le marché, se trouve en dehors des murs de l’entreprise. Les décideurs accumulent du profit et vivent entre eux sans être accessibles et n’ont plus de lien concret avec ceux qui produisent les richesses par le travail physique et intellectuel. Les gouvernements d’entreprise remplacent les patrons. Il n’y a plus d’incarnation du pouvoir. Les directeurs et les manageurs ont perdu de leur puissance pour devenir les instruments malléables d’un capitalisme patrimonial dont le seul objectif est d’augmenter toujours plus l’étendue des profits. Les salariés sont contraints à suivre une société du travail qui promeut le changement au jour le jour. L’entreprise doit s’adapter en permanence et minimiser la place et le rôle des hommes qui font sa réussite. Les salariés sont devenus interchangeables et les entreprises se savent jetables.

Sur les marchés, sous couvert de modernité et de mondialisation, se cache un système de croyance qui fait primer l’économie sur le social, l’efficacité financière sur l’humainement acceptable, le consommateur sur le travailleur. La finance internationale devient autonome et tente de gouverner les pays. Et parallèlement à ce système de croyance, les experts qui s’en font les portes parole, justifient par le discours les pratiques du nouvel ordre économique. La nécessaire croissance économique envahie désormais tous les espaces de vie.

Une telle évolution modifie l’organisation du travail et pose questions. Comment en est on arrivé là ? Qu’est ce qui permet d’y maintenir un équilibre acceptable. Faut-il chercher à la comprendre comme un fait social, au sens ou le présente Durkheim, comme une action significativement orientée (au sens de l’individualisme méthodologique) ou comme une forme de socialisation déterminée par la rencontre des hommes et des femmes dans un environnement particulier ?

Dans le Capitalisme tout est immanence. Tout est du dedans, tout est le produit du travail des hommes entre eux. C’est donc dans cette perspective qu’il va nous falloir chercher.

 

Qu’il faille au moins une question

 

A l’origine, plusieurs constats. Le premier concerne le quotidien des acteurs de l’entreprise. Il révèle que ni le salarié qui produit, ni le manageur qui pilote, ni le PDG qui dirige en se fiant aux orientations adoptée par le conseil d’administration n’ont l’assurance de se maintenir dans l’emploi. Injonction leur est faite : ils doivent en permanence se demander comment agir pour garder leur place, s’interroger sur la pertinence de leurs actions et se demander si elles répondent précisément aux critères d’efficacité des acteurs de pouvoir. Seules les attentes économiques des investisseurs ou actionnaires majoritaires président au maintien de la personne dans son emploi. Derrière cette nouvelle disposition acceptée se cache une idée récurrente : il ne s’agit plus de faire plus, mais de faire mieux ; un objectif : satisfaire des exigences éloignées du quotidien de l’entreprise (celles des personnalités morales, des actionnaires, du client).

Le deuxième concerne le lien entre la typologie des relations sociales de l’entreprise et le système économique qui domine les marchés. La réussite du capitalisme réside actuellement dans sa capacité à limiter les immobilisations de capital dont fait partie sa masse salariale ; toutes les masses financières doivent être replacées sur le marché et l’innovation permanente (produit, processus, management) est devenue le gage de sa réactivité. Cette nouvelle contrainte partagée et acceptée par les entreprises conditionne nécessairement l’organisation du travail et produit des effets directs sur la définition de leur efficacité interne.

Les entreprises s’adaptent en permanence aux flux du marché et cela a des conséquences directes les attentes et l’évolution du contrat de travail. Arrêtons-nous un instant sur l’adaptabilité d’une entreprise qui recourt principalement à des contrats de travail à durée indéterminé. Permanent, ses contrats figent l’acquisition de nouvelles compétences parce qu’ils la soumettent au niveau de qualification antérieurs des salariés. Toutes les évolutions possibles s’envisagent alors dans le cadre d’un plan de formation contraint par la nécessité de prendre en considération leur bonne volonté.

Une alternative est possible : embaucher de nouvelles personnes pour s’enrichir de leurs compétences. Cette solution présente un risque financier. Plus réactive en matière de délais, elle oblige, en France, à garder tous les personnels une fois le contrat signé pour la durée du dit contrat. Ces embauches augmentent la masse salariale pour toutes la durée d’un CDD, au moins, et réduit donc la possibilité de replacer sur le marché les sommes immobilisées pour provisionner les salaires, que le travail crée plus de richesse ou non. Par ailleurs, le temps n’ont productif d’intégration représente, dans ce cas, un coût supplémentaire. Ces embauches peuvent pénaliser le budget des entreprises quand elles sont accompagnées de licenciements. Si, cette perspective offre la possibilité d’un renouveau du parc des compétences, elle n’offre pas pour autant de réelles conditions de rebond et augmente temporairement la masse salariale. Cette alternative ne peut durablement augmenter l’efficacité financière sur le Marché.

« Budgétiser et financer des formations » pour adapter les salariés offre une réelle opportunité pour l’adaptation permanente au besoin du marché. Cette solution permet de contourner l’impossibilité de recourir à des contrats de mission qui pourtant pourraient permettre d’intégrer de nouvelles compétences sans avoir à financer leurs évolutions. Si elle augmente momentanément les immobilisations de capital et créer même un surcout, elle permet de générer l’innovation qui va produire des nouvelles opportunités sur le marché.

Le dernier constat concerne la stratégie des entreprises. L’efficacité de l’organisation pour satisfaire les exigences de l’efficacité sur le marché reconnait dans le discours des experts deux choix : La généralisation du recours à des emplois de courte durée, du type contrat de mission, ou l’anticipation sur les besoins stratégiques de compétence (GPEC ou gestion par les compétences). Le marché impose sa loi, mais en France les entreprises ne disposent pas de contrat de mission. Il leur faut donc envisager une solution qui intègre qualifications professionnelles et incitation des salariés à se former. Très concrètement, la loi, notamment pour le droit individuel à la formation, se place dans cette dynamique. Elle impose à l’entreprise l’obligation de former dans la codécision tous ses salariés, mais elle n’oblige pas formellement le salarié à se former. Le législateur n’est pas allé jusqu’au bout de son intention, la démarche devant rester implicite.

Ces constats, un peu abrupt, interrogent la convergence des deux dimensions de l’efficacité de l’entreprise :

F     L’Efficacité de l’entreprise pour l’entreprise (efficacité interne).

F     L’Efficacité de l’entreprise pour le Marché (efficacité externe)

Comment l’une et l’autre s’imbriquent pour maintenir l’équilibre social alors même que les contraintes sont fortes et qu’elles pourraient soulever une indignation irréversible.  Quel est donc la nature et la forme du projet qui unis toutes les parties prenantes de l’organisation du travail dans ce processus qui condamne l’humain à suivre les préceptes abstraits de l’économiquement acceptable ?

Immobiliser un minimum de capital pour replacer l’ensemble des ressources de l’entreprise sur le marché, tel est le gage de l’efficacité externe. Elle se déplace du champ économique vers le champ financier. La recherche de la profitabilité se substitue à la recherche de la rentabilité. Elle devient permanente[1].

L’efficacité interne se construit en réponse aux exigences de compétitivité. Elle demande à chacun de prendre en charge la recherche des meilleures voies pour éviter les immobilisations superflues de capital (le capital humain en faisant partie). L’adaptabilité et la flexibilité des ressources humaines et technologiques sont les facteurs principaux du développement. Tous doivent souscrire à cette vision de l’organisation et se montrer responsables, adaptables. Il n’est pas rare d’entendre un chef de service demander à un salarié de trouver des solutions pour résoudre un problème d’organisation.

Conjuguer l’efficacité interne et externe de l’entreprise représente précisément l’enjeu de plus en plus d’entreprise, de petite ou de grande taille. Il suffit de consulter la presse quotidienne ou spécialisée pour en avoir une idée. Elle rappelle régulièrement que la réduction des effectifs et la formation sont toujours les clefs pour répondre aux effets destructeurs d’un plan social, ou au besoin compétitivité des entreprises. « La bonne méthode pour se maintenir dans l’emploi, dans la société du travail, c’est se former. La bonne méthode pour adapter son entreprise aux exigences du marché, c’est la formation. »

Former, se former… est ce là plus précisément qu’il faut chercher ? La formation, ses principes, ses éléments conceptuels permettent-ils de comprendre comment se justifie une nouvelle organisation du travail quand il s’agit de justifier ses pratiques par la recherche permanente de l’efficacité sociale, économique et financière, le tout confondu , et par la même, le maintien d’un lien social durable, de la cohésion sociale, et surtout d’un sens significativement acceptable là où l’anomie pourrait prendre le pas. En pratique la formation est un processus qui utilise des méthodes pour conduire aux changements, pour passer d’une situation A à une situation B en donnant un sens nouveau aux actions à engager.

En fait, tout cela alimente, dans le cadre de notre réflexion, l’intuition d’une formation devenue un élément du discours des entreprises qui justifie, et l’organisation et le discours lui-même.  Nous pourrions être confrontés à une « formation permanente », comme méthode sociale qu’il conviendrait de définir. Elle conduirait à produire, de manière permanent et récurrente, un autre sens au vivre ensemble, conforterait la cohésion social, dans le domaine particulier du travail et du développement économique des entreprises.

En trente ans, le monde du travail a évolué considérablement mais la réalité, toujours capitaliste, prend aujourd’hui une autre forme. La valse des entreprises sous prétexte de manque de profitabilité (alors que leur activité est rentable), ou de réponse efficace à la crise économique mondiale, jalonne le quotidien des salariés. Notons que dans le secteur public, depuis la loi de 19 janvier 2007 sur la recherche de performance dans les administrations est aussi le prétexte à la réduction des emplois au bénéficie de la performance à ceci prêt que cette performance de concerne pas l’augmentation de la profitabilité mais la réduction de la dette (qui représente une autre forme d’immobilisation).  Alors comment réinscrire le mot travail dans la réalité actuelle ? Comment dans de telles conditions percevoir son avenir professionnel, et citoyen ? Comment se maintenir dans le travail quand il ne s’agit plus seulement de bien faire ce qui est demandé ? Comment agir alors que les enjeux des entreprises privée ou publiques ne sont plus directement liés au quotidien ? Voilà les questions qui hantent le salarié aujourd’hui quand il rejoint son entreprise.

La crise financière puis économique qui jalonne notre histoire récente précise deux aspects de cette autre réalité :

  • dans l’entreprise, tout est incertitude et tout se vit dans le moment, qu’il s’agisse de sa relation aux autres salariés ou qu’il s’agisse du sens que les salariés donnent à leur activité. Avec la crise de la dette en Europe de 2011, cette réalité tente de s’imposer aux administrations.
  • les « Patrons » demandent toujours plus d’autonomie, de prise d’initiative, et de responsabilité à tous les niveaux (prestataires, voir certains salariés), sans offrir de garantie en contre partie. Ils reportent le risque y compris sur le salarié individuel (les grand groupe reçoivent des aides, les PME déposent leur bilan et les salariés sont licenciés)

Cette autre réalité, construite sur un changement permanent des repères, des références, des enjeux appelle une autre vision du monde du travail. « Former et se former » semble devenir un élément de langage récurrent des processus d’adaptation aux aléas du marché, à la demande d’efficacité des organisations. Dans et par le discours nous avons affaire à une banalisation de l’instabilité sociale et à l’injonction de la formation tout au long de la vie même si cette dernière suscite encore quelques résistances.

Oui, mais alors, comment l’individu qui vit ou survit de son activité salariée va pouvoir s’adapter à cette évolution, comment s’exprime les nouvelles formes de l’équilibre social produites par ce changement profond ? C’est questions reste en suspend. Cherchons à comprendre « Comment et par quoi l’évolution de l’efficacité de l’entreprise, des administrations, modifie la relation des salariés, des agents à leur travail et fait de la formation un élément structurant du vivre ensemble ?»


[1] Si les PME tardent à adopter cette vision, elles y adhèrent en devenant les prestataires des donneurs d’ordre qui en font la promotion. C’est l’exemple donné par la production automobile quand de grands groupes contraignent leurs filiales et leurs réseaux de prestataires à s’adapter à leurs propres exigences, quand ils fixent en amont, des prix d’achat en baisse qui les obligent à une réduction importante de leur masse salariale. Du coté des plus grandes entreprises, nous retiendrons l’action des fonds de pensions ou de placement quand ils investissent une entreprise pour augmenter leur profit.  Dans la plus part des cas, ils vendent et replacent sur le marché les valeurs immobilières (ils louent le siège social qu’ils ont vendu), ils réduisent leur stock, ils externalisent tout ce qui ne concerne pas l’aspect stratégique et appliquent une réorganisation des ressources et des relations humaines dans l’entreprise. Les entreprises cotées en bourse, les sociétés anonymes appliquent aussi ces méthodes avec des exigences de réactivité généralement plus importante.

Publié dans Economie, Education, Sociologie | Pas de Commentaire »

123
 

mauritanie20 |
Vers la 6eme république ! |
Poletudiant |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | l'avenir vue par un militan...
| LCR Section Calaisienne
| THE DODIBLOG