« Comment réaliser la promesse républicaine d’égalité éducative ? »

Posté par paulbesombes le 4 janvier 2008

Penser l’école, c’est penser la République. C’est penser l’égalité Républicaine. Elle est l’institution qui, en France, donne sa place à chaque citoyen. Pour autant, remplit-elle, de nos jours, pleinement son rôle ? Peut-être pas, mais elle reste, en toute circonstance, la pierre de voûte de l’édifice républicain. Le constat dressé est celui d’une crise qui concerne aussi bien l’institution que la citoyenneté.

L’enjeu pour les générations actuelles et à venir consiste à redonner du sens à l’école pour redonner du sens à la République. Ce projet ne peut être que global. Il faut penser l’école de la République comme un tout. Il faut rejeter toute idée de particularisme. L’école de la République n’est pas l’école des campagnes, l’école de telle ou telle ville ou encore, l’école de tel ou tel quartier. L’école est le liant qui permet à chaque futur citoyen de prendre sa place, de se lier aux autres, pour donner un sens réel au vivre ensemble dans « la cité France » et encore plus aujourd’hui« la cité Europe ». Ainsi la question du sens donner au vivre ensemble incarne le projet républicain de l’éducation.

L’actualité nous impose un sujet de réflexion lourd, celui du sens partagé. Alors « comment et pourquoi donner du sens partagé ? ». C’est bel et bien cette question qui doit orienter notre débat sur « Comment réaliser la promesse républicaine d’égalité éducative ? » Pour répondre à ses questions nous voudrions procéder en trois temps. Nous voulons d’abord apporter un éclairage sur l’objectif de l’école. Nous apporterons, ensuite, des réponses à ce qui devrait être mis en place à l’intérieur de l’école. Nous montrerons enfin l’importance de l’évaluation[1] dans l’ensemble des dispositifs éducatifs propre à l’accès à la citoyenneté.

Qu’y a-t-il de commun entre une personne a vécu toute sa vie dans un milieu suffisamment sécurisé pour obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur et une personne qui doit survivre pour être comme tout le monde ? (Pierre Bourdieu parlerait d’Habitus, nous parlerons de langage commun).  Cette question nous amène à penser la relation sociale qui unit l’enseignant, le professeur des écoles à la population des élèves. Nous dirons pour le sujet qui nous concerne l’objectif de l’école. S’agit -il d’enseigner ou d’éduquer, d’enseigner et d’éduquer ou faut-il envisager une autre voie : créer un langage commun pour former des futurs citoyens ?

Enseigner permet de créer un langage techniquement commun, pour autant cette action n’induit pas la création d’un langage socialement commun. Ce langage ne deviendra socialement commun que dans la rencontre des manières de voir, de percevoir le monde et d’agir de tous les acteurs de l’éducation. Nous avons ici affaire à un processus, la socialisation[2].

Le point commun entre tous les acteurs de l’école, c’est l’objectif qu’elle se fixe. Plus que l’éducation et l’enseignement, nous devons imposer la socialisation. Cette socialisation doit être comprise comme un processus qui entretient une dynamique entre le général et le local. Son motif est double. Il est, à la fois celui de la citoyenneté et celui de l’accès à l’emploi.

L’éducation revêt donc une double mission[3] :

-fournir à chaque jeune les outils d’accès au langage commun propre au citoyen dans une République laïque.

-fournir à chaque jeune les outils d’accès au langage de l’emploi. Ce langage intègre autant la vie professionnelle que la formation tout au long de la vie[4].

La période initiale de la scolarisation doit être consacrée à l’accès à la citoyenneté, tout en intégrant un élément fondateur du langage de l’emploi, l’évaluation et le projet. La formation tout au long de la vie intègre à la fois une période initiale dans l’école, et la formation liée à l’activité d’entreprise.

Avec cette ambition l’école prend la mesure de l’évolution sociétale. Avec l’objectif de socialisation l’école se donne les moyens de mettre en place en son sein et en dehors une organisation qui peut confirmer l’application du principe d’égalité républicaine.

La socialisation sous-entendue dans le principe d’éducation doit nécessairement avoir pour objectif de créer un langage socialement commun qui permet à chacun d’intégrer la communauté des citoyens. Personne dans la République ne peut être exclu.

Nous sommes donc convaincus que les missions d’enseignement et d’éducation dans leur volonté de créer un langage commun (technique ou social) ont une seule et même vocation : la socialisation.

L’objectif de l’école étant précisé, nous pouvons aborder la deuxième partie de notre exposé.

En ce qui concerne le fonctionnement interne de l’école, le mode de recrutement des professeurs est déterminant. Plusieurs perspectives doivent être prises en considération :

-La connaissance pratique des milieux sociaux qui intègrent l’école et leur reconnaissance dans un esprit laïque.

La connaissance pratique des milieux sociaux en présence dans les écoles est un enjeu pour tout enseignant. Il ne lui suffit pas de connaître en théorie les populations auxquelles il sera confronté, il est impératif de les connaître en situation. En effet, dans le cadre de leur mission tout se jouera dans l’interaction et dans l’immédiateté. La grande difficulté du métier d’enseignant résulte de l’importance donnée à cette immédiateté. Elle engage la nature du moyen et long temps relationnel. Elle est aussi déterminante sur la relation au groupe.

Il faut garder à l’esprit que l’on attend de l’enseignant plusieurs choses : Enseigner et Eduquer. Enseigner pour la transmission des savoirs, éduquer pour vivre ensemble dans le cadre de l’ambition républicaine. Enseigner peut être un acte technique, éduquer est nécessairement un acte relationnel. Et cet acte relationnel impose comme préalable une connaissance et une reconnaissance de l’autre.

D’une manière générale, la socialisation primaire des personnes conditionne le rapport qu’elles entretiennent aux autres dans l’âge adulte. Ainsi la socialisation des professeurs, quand ils arrivent en situation d’enseigner est le plus généralement celle des catégories de personnes qui tout au long de leur histoire ont connu la sécurité, un projet de vie réalisable et réalisé, le sentiment d’avoir un avenir possible. Deux contextes se présentent alors. Ou ils sont confrontés à une population majoritairement composée de personnes qui leur ressemblent ; ou ils sont confrontés à une population majoritairement composée de personnes qui vivent dans l’insécurité, le défaut de projet de vie réalisable ou réalisé, et avec le sentiment de ne pas avoir d’avenir. Dans le premier cas, la socialisation est facile, dans le deuxième elle pose des problèmes. Pour autant, il faut que la socialisation éducative crée un terrain et un langage commun capable de fédérer tous les acteurs de l’école.

Réaliser cet objectif nécessite une réforme des modes de recrutement des enseignants. Et je voudrais ici m’inspirer du rôle donné à la mission des surveillants dans les collèges et lycées. L’éducation nationale recrutait des étudiants pour participer à l’encadrement et à l’intégration des élèves sous deux conditions. Ils devaient avoir des conditions de ressources suffisamment faibles pour justifier une activité rémunérée et ils devaient s’engager (au moins formellement) à intégrer à l’issu de leur parcours universitaire la communauté éducative.

Voilà la proposition que je veux vous soumettre.

Je propose que les étudiants s’engagent contractuellement avec l’état pour devenir des enseignants (comme l’engagement dans l’armée pour les médecins). A l’issu de leur parcours de formation financer par l’état, ils devront enseigner au moins pendant dix ans dans le cadre de l’éducation nationale. L’état en contre parti doit assurer la formation de l’enseignant et sa rémunération pendant toute la période de formation.

La formation des enseignants doit se faire en alternance sur un cycle long de l’inscription en première année de licence jusqu’à l’obtention de la titularisation en tant que professeurs des écoles du CAPES ou de l’agrégation. Pour une année universitaire le cycle intègre deux années. L’alternance se fait dans la future structure d’accueil, école primaire, collège, lycée.

En ce qui concerne l’objectif de formation pour l’activité dans la structure d’accueil, nous proposons de distinguer deux périodes.

Une première période s’étend de l’entrée à l’université à l’obtention de la licence. L’objectif de formation pour cette période est celui de la socialisation dans l’école. Il intègre la connaissance et la reconnaissance des cultures en présence, la compréhension des actions, et la capacité à associer les acteurs de l’école sur les projets scolaires et périscolaires (éducation citoyenne, pratiques artistiques, association des parents aux activités périscolaires en lien avec l’école…)

Une deuxième période consacrée plus précisément à l’acquisition des outils et méthode pour enseigner sa matière dominante (parcours universitaire).

Cette formation en alternance associe les objectifs de formation à la socialisation, et les objectifs de formation à l’enseignement

-La mixité sociale dans le corps professoral.

La mixité sociale est une affaire de l’école. Elle doit être mise en place à tous les niveaux, tant à celui des élèves, qu’à celui des professeurs. Nous l’avons dit, deux parcours de vie caractérisent les acteurs de la vie scolaire. Il y les plus sécurisés[7] et les moins sécurisés. Nous avons précisé que le corps professoral bénéficie aujourd’hui, dans sa plus grande majorité, de l’avantage des parcours de vie sécurisés. Nous ne reviendrons pas sur la territorialisation des structures d’accueil qui doit permettre la mixité des usagers de l’école. Nous souhaitons ici mettre en avant la mixité au service des professeurs et de leur mission éducative.

La formation en alternance permettra aux futurs enseignants d’aller à la rencontre de ceux dont ils ne connaissent, ni ne comprennent la manière d’agir ou de percevoir le monde. Elle ouvre un pont entre les deux univers en présence et permet la création d’un langage commun. Cette formation en alternance leur permet d’accomplir plus facilement et avec une efficacité plus immédiate leur mission éducative. Ils sont directement opérationnels à la prise en charge de leur poste.

L’autre avantage pour la mixité sociale de notre proposition se trouve dans les implications du recrutement. Le recrutement avec le financement de la formation et la contractualisation de l’engagement de la formation permettra à des catégories de population habituellement exclue des formations universitaires d’entrer dans la communauté éducative. Ils apporteront avec eux l’expérience vécue des parcours de vie le moins sécurisés. Ainsi par un processus de resocialisation, une construction d’une réalité nouvelle est possible. Les « a priori » culturel du corps professoral se transforment et ouvre une autre voie. Une médiation culturelle se crée et rend possible avec moins d’effort la reconnaissance et la compréhension des interlocuteurs des professeurs (enfants et parents). L’identité de l’enseignant prend une autre substance plus adaptée au public de l’école.

La mise en œuvre d’une telle réforme impose la création d’un pôle d’excellence universitaire pour la formation des maîtres et formateurs. Ce pôle d’excellence universitaire composera un parcours de formation des enseignants. Il organisera l’apprentissage du métier d’enseignant et l’acquisition théorique de la matière à enseigner. Ce pôle d’excellence intégrera les enseignants pour les matières techniques et technologiques en accentuant l’acquisition des connaissances liée à la socialisation scolaire et périscolaire.

En dehors du recrutement

L’autre enjeu pour l’école, c’est sa présence en dehors de ces frontières habituelles, justement, dans le cadre de l’encadrement périscolaire et de l’accès à la culture.[8] Elle doit suivre ce qui ce passe dans les associations qui encadrent les jeunes.

Socialisation territoriale autour de projet de créations artistiques (lutter contre les formes de communautarisme) ou de projet citoyen.

Services d’aide aux parents pour l’accueil des enfants (aide aux familles pour lesquels les deux parents travaillent).

Service public de tutorat des élèves.

Cette démarche est nécessaire parce ce que l’école, les savoirs qu’elle sait transmettre, tout en faisant preuve de son sérieux habituel, apparaîtrons plus ludique, plus accessible. L’autre aspect positif de cette démarche est l’association active des parents et des adultes qui entoure l’enfant en dehors de l’école. Les parents et adultes encadrant bénéficient de l’accès aux mêmes connaissances que leur enfant. Un dialogue peut alors s’établir entre tous les partis-prenantes de l’ambition républicaine d’égalité pour l’éducation. Le système relationnel éducatif, parent-professeur, parent adulte encadrant, parent enfant, enfant professeur, enfant adulte encadrant, adulte encadrant professeur parent enfant, professeur adulte encadrant est actif. La médiation est alors plus facile à réaliser. Cette présence en dehors de l’école permet la réalisation d’une communauté éducative.

Nous devons réhabiliter le principe d’éducation populaire en associant tous les acteurs locaux. La municipalité jouera un rôle déterminant, elle organisera des points de rencontres dans la commune entre les acteurs de l’école et les acteurs de la vie locale.

La culture et la créativité sont des médias efficaces pour la socialisation. C’est pourquoi toutes les écoles, collèges et lycées doivent se doter de structures qui permettront aux enfants scolarisés d’exprimer leur créativité. Elles doivent, en plus, initier la rencontre des publiques et des genres (le théâtre rencontre la danse, la sculpture, la peinture, la photographie, le cinéma…) autour de projet de spectacle. Compte tenu de la diversité des structures d’accueil des enfants, il faut inciter la rencontre des écoles sur des projets de spectacle. Ainsi toutes les écoles primaires d’une grande ville peuvent se regrouper. Tous les collèges peuvent s’associer pour mettre en place leur spectacle départemental. Tous les lycées d’une région peuvent s’associer pour organiser un spectacle régional ou mettre en œuvre un projet éducatif qui va dans ce sens.

L’évaluation

Toutes ces propositions ont le même objectif : Se donner des moyens pour que l’école socialise, qu’elle crée un langage commun. Nous l’avons dit, le monde est entré en mutation permanente. Les savoirs et connaissances sont en permanente évolution, tout le monde s’en rend compte dans son quotidien. Une seul chose reste et doit perdurer : le lien qui unit l’ensemble de citoyens. Le lien devient donc l’enjeu de l’école. Il faut se doter des moyens toujours renouvelés pour maintenir et créer ce lien parce qu’il est la condition du vivre ensemble. Tout cela n’est réalisable qu’à condition de travailler sur un outil de la modernité : l’évaluation.

Nous en arrivons a l’issu de notre réflexion. L’évaluation est l’outil qui permet de prendre du recul sur l’action qui est menée. Le plus souvent l’évaluation se fait par un autre : l’enseignant pour l’élève, l’inspecteur pour l’enseignant, la sanction des scrutins pour tous ce qui concerne l’organisation de l’école. Nous pensons que cette évaluation à postériori est le pire de l’éducation parce ce qu’elle n’est plus adaptée à notre organisation sociale.

Nous proposons donc de recourir à des évaluations plus proches de la réalisation de l’action. Il faut renforcer les points de rencontre entre toutes les parties-prenantes du système éducatif pour faire le point, prendre du recul. Nous posons les problèmes ensemble et nous les résolvons ensemble en évaluant au plus proche de l’action ce qui est fait. Le principe réside dans la réflexivité collective pour que, par l’exemple, les enfants adoptent cette démarche, pour qu’ils se l’appliquent et deviennent ainsi des citoyens actifs. Il faut que tous les acteurs accèdent à cette capacité.

Nous entendons toutes les critiques faites à cette proposition. Nous leur répondons que le mal être dans la civilisation vient du fait que la société se décompose en deux catégories, ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. L’autre distinction plus préjudiciable qui agit en écho c’est : ceux qui ont la maitrise de leur destin, et ceux que l’on doit conduire pour les doter d’une destinée. A cela j’oppose l’intelligence collective et un citoyen maître de sa destinée.

Il faut donc travailler ensemble sur un chantier d’envergure qui est celui de l’évaluation « in situ » des pratiques, de l’exécution, des décisions des résultats, et des modes opératoires.

Rien n’est figé, tout s’adapte sauf l’objectif de l’école la socialisation des futurs citoyens. L’école doit se transformer pour garantir à tous l’accès à la citoyenneté et la République doit garantir l’accès de tous à l’école.



 [1] L’évaluation devient le pourquoi du sens donner à l’école. Le monde en pris dans un processus de transformation permanente, c’est pourquoi chaque citoyen doit être de trouver les outils d’adaptation aux mutations permanentes. L’évaluation est l’outil qui va leur permettre d’évoluer dans un processus de formation permanente. [2] La socialisation est à la fois scolaire, dans le sens où elle engage l’art de vivre ensemble dans l’école, mais aussi globale, dans le sens où elle engage la citoyenneté ;

[3] L’homme moderne dans une société où le travail garde une place déterminante est à la fois un citoyen et un travailleur (pas seulement un acteur de l’économie)

[4] le langage de l’emploi doit nécessairement prendre en compte l’évaluation comme structure primaire de sa construction

[5] En plus de l’acquisition des savoirs et savoir-faire qui permettront au futur citoyen de participer au débat public en France, en Europe et dans le monde, nous devons insister sur une dimension essentielle à l’évolution du monde actuelle. Il s’agit de l’apprentissage et de la maîtrise de la langue anglaise. Nous pouvons convenir que l’Anglais est devenu la langue du travail. Avec la mondialisation des échanges, elle est aussi devenue la langue des échanges entre les personnes. La construction européenne dans sa dimension politique doit imposer à l’ensemble des citoyens européens une langue commune (comme pour la construction de la République française), les particularismes locaux doivent sortir du domaine public. Le Français c’est imposé comme seul langue de l’école en France, l’Anglais doit aujourd’hui devenir la langue de l’école dans toute l’Europe). Il s’agit pour nous de l’anglais

[6] Pour la phase initiale de la formation tout au long de la vie, l’école doit se fixer un objectif prioritaire : mettre à disposition des élèves la méthode du questionnement. L’école plus que la qualification doit orienter son activité sur la transmission de méthode l’accès aux connaissances professionnelles. Ces méthodes doivent aussi s’appuyer sur les outils d’adaptation aux évolutions du parcours de l’emploi.

[7] ils sont caractérisés par la sécurité (sociale, économique, historique et culturelle), un projet de vie réalisable et réalisé et le sentiment d’avoir un avenir possible

[8] Les écoles doivent devenir des lieux de rencontre en dehors du temps scolaires. Elles doivent offrir un espace de rencontre des genres et des personnes pour des projets culturels. L’objectif de cette orientation est de rendre partie prenante parents enfants et enseignants du projet d’éducation à la citoyenneté en ayant recours à la pratique culturelle et artistique.

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La formation permanente pour changer de civilisation : l’Eurogroupe allié de Sarkozy.

Posté par paulbesombes le 4 janvier 2008

La mondialisation structurée par les puissances économiques a besoin de changer les choses. Elle semble aller de soi, mais des hommes agissent par le discours pour la rendre incontournable. L’enjeu :rendre l’Economie autonome, l’abstraire de sa raison sociale.

Je veux ici revenir sur un article du Monde du 1 er Janvier 2008. Le traité de Lisbonne reconnait l’Eurogroupe. L’Eurogroupe, qui était déjà inscrit dans le traité de constitution européenne rejeté par la voix référendaire en France, regroupe les ministres des finances des 15 Pays de la zone euros (Portugal, Espagne, France, Italie, Grèce, Slovénie, Autriche, Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays Bas, Finlande, Irlande enfin Chypre et Malte).

Ainsi, je retiens plusieurs citations du protocole annexé au traité de Lisbonne et je vous en donne lecture. Les ministres dans l’Eurogroupe agissent :

-se réunir « entre eux de manière informel »

- discuter des questions liées « aux responsabilités spécifiques qu’ils partagent en matière de monnaie unique ».

-« développer une coordination sans cesse plus étroite des politiques économiques dans la zone euro ».

-« prévoir des dispositions particulières pour un dialogue renforcé entre les Etats Membres dont la monnaie est l’Euro en attendant que l’euro devienne la monnaie de tous les Etats Membre de l’Union Européenne »

-« renforcer la coordination et la surveillance de leur discipline budgétaire »

-« élaborer pour ce qui les concernent les orientations de politique économique…et …à en assurer la surveillance »

Est-il utile de préciser que les Etats membres de l’Union Européenne désireux d’intégrer l’Eurogroupe doivent obtenir l’aval de ceux qui en font déjà parti. (le libre engagement peut devenir sous certaines conditions de la servitude volontaire…)

Nous le voyons ici ; et cela est vrai pour toute communauté territoriale d’importance, l’unité cache un principe : l’essor économique. L’enjeu consiste pour la zone euro comme, à une autre échelle, pour la communauté d’agglomération à rendre la règle de la plus value récurrente à l’art de vivre ensemble. Le moyen utilisé c’est le discours politique.

La politique, comme parole en action transforme, la manière de vivre ensemble grâce au symbole même de l’unité territoriale : l’Euro. Le changement de société est initié par quelques hommes qui ont le pouvoir de signer des Traités (voir aussi de les ratifier : l’élite éclairée dans ce cas). Ils agissent directement sur le quotidien de ceux à qui ils s’adressent. A partir d’une règle de fonctionnement initiée par ceux là même, la société se transforme en changeant spontanément sa propre règle. Il s’agit là du principe de « la formation permanente » qui conduit désormais l’évolution du capitaliste. Cela n’a rien à voir avec un citoyen maître de sa destinée.

Le système utilise ses ressources pour changer la société.  Il faut reconsidérer sous cette angle ce que nous dit un président de la République quand il en appelle, comme il la déjà fait dans sa lettre aux éducateurs, à « une politique de civilisation » …  « à une nouvelle renaissance »…

Je suis attentif à ces propos et je pense que la République que j’appelle de mes vœux doit se doter des outils qui redonneront du sens au vivre ensemble. Il faut lutter contre cette nouvelle civilisation qui exclut tous ceux qui ne participent pas du discours normalisé par la mondialisation. Il faut que l’intelligence collective s’active et que les républicains du progrès forment et informent pour que les citoyens reprennent la main sur leur destiné. Si le discours des puissants, si peu nombreux, peut changer le monde, par nos pratiques nous changerons ensemble le cours des choses pour réhabiliter l’homme et la citoyenneté.

Plutôt que de dire ce qu’il faut faire asseyons nous tous autour de la table (par petit groupe dabord, puis de plus en plus nombreux …) et posons la question sans réponse à priori du comment faire pour changer les choses. Opposons la question du savoir vivre ensemble à la formation permanente de l’économie.

Paul Besombes

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Le lien contre la satisfation des besoins. A vous de parler

Posté par paulbesombes le 21 novembre 2007

Je veux ici lancer un chantier d’envergure. Je pense qu’il est temps pour tous les républicains du progrès de mettre en cohérence leurs pratiques et leur discours. Il faut clarifier la notion de solidarité. Elle nait de la rencontre de l’égalité et de la fraternité et a pour vocation la liberté.

Le constat actuel est le primat de la satisfaction des besoins.  Créer du lien est chose difficile. C’est tellement vrai que certains hommes et femmes de Gauche préfèrent mettre en place des prestations pour répondre aux besoins des plus démunies plutôt que de tisser du lien autour d’un projet qui associe les bénéficiaires à l’obtention de l’aide qui leur est apportée.

Je lance le débat, à vos plumes.

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Le mini traité: Combien de page

Posté par paulbesombes le 21 novembre 2007

Je viens de faire le tour de plusieurs camardes en leur demandant le nombre de pages du mini traité proposé par notre président.  A votre avis quel a été le résultat de ma démarche? Devinez. Deux à trois pages peu être une dizaine…

Pas du tout, il comporte presque 256 pages de texte juridique peu accessible. En voici un exemplaire.

 Le mini traité: Combien de page dans Europe pdf traiteuropen1.pdf

pdf dans Le saviez vous traiteuropen2.pdf

pdf  traiteuropen3.pdf

La méthode utilsée pour élaborer ce texte et son mode d’adoption sont différentes de celle du traité contitutionnel européen. Mais le fond reste identique. Le mot constitution disparait mais pour le reste jugez par vous même… Je vous propose de consulter l’article du Monde le  octobre 2007.

Traité européen : « les outils sont exactement les mêmes, seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils »

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-971315@51-958156,0.html

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La TVA Sociale de retour au Sénat : Servitude des uns contre la liberté de tous.

Posté par paulbesombes le 20 novembre 2007

Je viens de lire l’article du Monde du « Ecofrictions CSG Contre TVA sociale » paru dans l’édition du 13 novembre. Il est dit en substance que les Sénateurs de la commission des finances préfère taxer la consommation plutôt qu’augmenter les impôts sur les personnes. C’est une philosophie de la chose publique qui s’affronte à celle des membres de la commission des affaires sociales qui préférent une augmentation de la CSG.  

Ils invoquent les uns et les autre un risque inflationniste. Dans les faits, les deux courants de pensée ont raison. C’est deux actions pénalisent le pouvoir d’achat de ceux qui consomment. Elles pénalisent la consommation parce qu’actuellement l’ensemble des ressources des ménages sont consacrées à la consommation pour vivre. L’épargne n’est plus à l’ordre du jour. 

En d’autre circonstance, taxer la consommation où les revenus du travail pourrait devenir une solution pour financer la solidarité nationale. Mais aujourd’hui les Français qui seraient touchés par ces dispositions seraient placé dans une logique de survie qui n’est pas supportable du point de vue de la fraternité qui conduit l’esprit Républicain. Un désordre sociétal s’installerait. 

C’est donc sur d’autres voies qu’il faut chercher la solution. En théorie le capitalisme est une pratique qui pénalise une catégorie de la population mondiale. Il en va de même, sur leur territoire, pour les pays qui font partie des grandes puissances économiques. Il est contraint d’agir dans le sens de la non violence et d’obtenir pour être pérenne l’adhésion de ceux qui supportent ses effets. Des régulations s’impose sauf pour le monétarisme qui est une forme particulière du capitalisme. 

D’une manière générale le capitalisme se soucie des hommes qui produisent la richesse, le monétarisme prétend que l’économique est autonome. Seul les flux financiers sont déterminants, le capital humain est une immobilisation qui nuit à la fluidité du marché. C’est à cette version du capitalisme que nous avons souscrit en élisant Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République. C’est cette version que défendent ceux qui le soutiennent dans son projet de société. 

L’un des principes fondateurs de la libre concurrence comme support du capitalisme est celui de la solvabilité de la demande. La demande est solvable quand celui qui achète un bien est en mesure de régler sur le champ le prix de la chose acquise. Cela est de moins en moins la règle. L’endettement se généralise à tous de l’Etat au simple concitoyen. Il est un report de la solvabilité et ne garantit pas l’indépendance du demandeur. Nous sommes actuellement confrontés à une nouvelle forme de servitude lié au développement du crédit : l’assujettissement librement consenti. 

Pour revenir au sujet de notre exposé. La taxe sur la consommation correspond à une augmentation du niveau de l’assujettissement de ceux qui consomme le plus, de ceux qui consomment pour vivre. Cette violence va à l’encontre de l’Esprit du Capitalisme. Plus encore, il va à l’encontre des principes républicains de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Loin de corriger les effets pervers du capitalisme, elle les accentue. 

Tous les citoyens ne sont pas dotés des mêmes moyens pour participer de la solidarité nationale.
La République ne peut consacrer une réforme fiscale qui contribue à limiter les libertés de certains au profit d’autres. 

Une contrainte s’impose pour la programmation financière : le préalable de la solvabilité. Le gouvernement et le législateur ne peuvent diminuer l’espace des libertés des citoyens en augmentant leur niveau de servitude même si c’est librement consenti. Il faut donc qu’il demande le financement de la solidarité national à ceux qui disposent des moyens suffisants pour satisfaire une demande solvable. 


La Taxe sur la consommation n’est donc pas la voie à suivre. La taxer sur la plus value semble plus adapté au même titre que la limitation du potentiel des niches fiscales. Nous avons bel et bien affaire ici à une affaire idéologique qui pose comme principe de favoriser les uns contre l’intérêt général. 

À Méditer!!! 

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Pour un école de la République. Citoyens, parents d élèves, Signez la pétition.

Posté par paulbesombes le 12 novembre 2007

La dégradation du service public de l’éducation va à l’encontre des intérêts des élèves et par conséquence des parents d’élèves dans le cadre de la politique éducative. Je pense que devons nous mobiliser pour participer à toutes les initiatives qui dénoncent cette dégradation.

Tous est mis en œuvre par le gouvernement pour détruire l’Institution que représente l’école. La suppression des postes d’enseignants, la libéralisation de la carte scolaire, l’éclatement du collège unique, la concurrence entre les établissements et la promotion cachée de l’école privée sont des facteurs aggravants des inégalités sociales et territoriales dans l’accès à l’éducation.

Le moyens à notre disposition pour lutter contre de fléau sont réduits. Seule l’unité sur tous les fronts peut infléchir les décisions de notre gouvernement.  Tous les parents doivent se regrouper au non de la défense du service public et cela dès le primaire. En effet, nos enfants qui actuellement se trouvent dans les écoles primaires devront demain accéder au collège. Quels enseignements des langues seront planifiés dans le collège le plus proche? Y aura-t-il encore un collège pour ceux qui vivent là où ils habitent (zone rurale).

Je pense que le droit de pétition devrait s’exercer pleinement et constitutionnellement engager le gouvernement à ouvrir un nouveau type de débat parlementaire. Il associerait les citoyens porteur de la pétition. Ce serait un outil efficace pour les tous les citoyens comme les parents d’élèves.

Dans l’actualité, il y a les manifestations du 20 Novembre mais il y a aussi la 

Lettre ouverte au président de la République

Améliorer la réussite scolaire de tous les jeunes, il n’y a rien de plus urgent

 Cliquez sur le lien pour lire et signer la pétition.

Mon  intention n’est pas de défendre une revendication catégorielle. J’appelle tous ceux qui partagent ma vision de la République à participer au mouvement contre  la dégradation du service public de l’éducation parce qu’elle prive les fonctionnaires de l’éducation des moyens d’exercer leur mission de service public.

Je le fais  au nom de la défense du service public. La République, son Président, son gouvernement et ses représentants doivent garantir l’égalité d’accès de tous les enfants quelques soit leur origine sociale ou économique à l’école.

A vos Armes Citoyens!!!

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Le temps du « comment faire » dans l’entreprise et à l’école : par le discours le gouvernemt l’exclut

Posté par paulbesombes le 10 novembre 2007

Je profite de l’article du Monde paru le 22 octobre 2007 « Un rapport juge très élevé les risques psychosociaux au Technocentre de Renault » pour faire le point sur la notion du temps de manière générale. Les enjeux politiques actuels lui donnent une place importante. On en parle pour l’entreprise et pour l’école : « Travailler plus pour gagner plus » et « la semaine de quatre jours ». Le temps du travail et celui de l’école ont-ils subis des transformations à ce point importantes qu’ils nous engagent à revoir notre manière d’en parler ? L’article que nous citons dit que la pression est forte. Le rapport fait état d’une surcharge permanente de travail. Les tâches à accomplir pour réaliser les objectifs consentis par les salariés nécessitent un investissement qui va au delà de ce qui est contractualisé.

Le temps de travail imbrique celui de la réflexion et celui de l’exécution. Ce n’est simplement du temps de présence. Le management par objectif les confond alors que le taylorisme les dissociait. La mutation n’a été rendue possible que par ce jeu du discours qui a déplacé la responsabilité du décideur à l’exécutant en substituant l’autocontrôle au contrôle du chef.

Le monde industriel permettait cette distinction parce que la l’exécution de la tache était au cœur de l’organisation. Le monde des services ne la permet pas parce que la relation prévaut. La relation aux autres demande de l’immédiateté et refuse de différer l’exécution de la réflexion. Tout se joue dans l’instant.

Ainsi la pro action replace l’action et la réaction. La pro action est l’action qui se mène en anticipant les effets qu’elle produit. L’individu qui pro agit doit penser son action de telle sorte qu’au moment de l’exécution tout se met en œuvre sans perte d’efficacité.

Il faut réfléchir en amont, en dehors du temps de présence parce que l’efficacité économique ne reconnaît aucune valeur à cette action. C’est une immobilisation formelle, la plus value arrive à posteriori.

Le temps de travail hors du temps de présence devient essentiel dans le monde actuel. Il inclut, d’une part, le travail que l’on ramène à la maison parce que l’on n’a pas eu le temps de finir ce qui a été demandé. Il inclut, d’autre part, le temps que l’on consacre à penser à la manière dont on va s’y prendre pour réaliser les objectifs fixés (pour peu qu’on se les fixe soi même). C’est le temps de l’intelligence. Il est le temps du « comment faire ».

D’une manière générale, les discours conventionnelles ne lui consacrent que peu importance, sauf pour parler du temps de formation. La méconnaissance du quotidien des acteurs de terrain dans l’école, les entreprises, les associations amplifie ce phénomène.

La confusion actuelle orchestrée par le président, son gouvernement et sa majorité UMP sur la notion du temps est un enjeu politique. Nous allons parler, d’abord du « Travailler plus pour gagner plus »..

En France le travail ouvre droit à une rémunération en fonction du temps de présence consacré à la réalisation des termes de son contrat de travail. Le taux horaire est fixé en fonctions des qualités ou des compétences de celui qui travaille. Alors que veux dire « travailler plus » ? Faut-il produire plus, gagner en efficacité ou passer plus de temps sur le lieu de travail ? En l’occurrence, il s’agit de passer plus de temps dans l’entreprise pour bénéficier d’exonération de charge. Le temps de travail est alors interpréter comme du temps de présence.

Nous l’avons ce temps ne représente qu’une partie du temps du travail. Le temps de travail hors de l’entreprise n’est pas pris en compte bien que sa durée va toujours croissante. En réalité, l’efficacité dans l’entreprise résulte de la concentration des moyens dont elle dispose pour limiter les immobilisations (La rémunération du temps de travail contractuel étant une immobilisation, il faut réaliser des économie d’échelle). Cela n’a rien à voir l’allongement du temps de présence contractualisé des salariés qui augmente l’immobilisation. L’avantage pour l’entreprise c’est l’augmentation du temps de travail non contractualisé (en dehors du temps de présence).

Le discours simpliste et racoleur de Sarkozy laisse à penser que le travail est simplement du temps passé dans son entreprise alors que c’est de l’intelligence humaine et qu’elle accroît sa profitabilité.

Quant au « gagner plus », nous attirons votre attention sur le temps de travail qui  intègre le temps de présence et l’intelligence du salarié. L’entreprise y gagne plus que le salarié.

Je crois que ce discours fait volontairement abstraction de l’intelligence humaine mobilisée par tous les acteurs de la vie sociale, économique et culturelle en France.

L’objectif non avoué mais vraisemblablement délibéré est de la réserver à une certaine catégorie de la population. Il doit y avoir, dans le travail comme dans les autres domaines de la vie, ceux qui réfléchissent et ceux qui exécutent. Il s’agit ici de dévaloriser la valeur humaine du temps de travail. Cet artifice permet d’évacuer la question du lien entre les personnes est par extension l’obligation pour l’état de garantir un accès équitable à la citoyenneté par le travail.

Le discours du gouvernement veut pour des raisons partisanes faire disparaître le temps de l’intelligence parce qu’il matérialise la socialisation par et dans le travail. Seul le temps comptable doit avoir l’autorité (avec ses experts) d’organiser la relation de ceux qui exécutent au travail.

Parler de citoyenneté renvoie nécessairement à un autre domaine de l’action de l’état qui concerne la notion du temps : l’Education et du temps de l’école.

Une fois encore le message est simple : « Améliorons la qualité de l’école en réduisant la semaine d’école à quatre jours ». On vise l’amélioration du cadre de vie des parents et des enfants en accordant une matinée de repos supplémentaire. Le temps de l’école est décrit comme un temps de présence. Il en va de même pour la réduction des effectifs préconiser au nom de l’efficacité du système scolaire. Ne pas prendre la mesure de ce qu’intègre cette démarche est une grande erreur.

Pour revenir sur la semaine des quatre jours soyons clairs. Le temps de l’école n’est pas un temps de présence pour nos enfants, c’est un temps d’apprentissage. Il est incompressible parce qu’il met en œuvre de l’intelligence. Elle est en construction et ceci nous impose de prendre en compte le rythme de l’enfant. L’usage qui en est fait aujourd’hui va orienter définitivement son avenir pendant sa scolarité et dans l’exercice de sa citoyenneté.

Ne pas prendre en considération le processus qui permet aux enfants d’apprendre amène à la confusion. L’école perd de son sens. Son rôle est assimilable, en partie, à celui d’une garderie ou d’un club de loisir. Les enfants ne passent pas du temps à l’école pour passer du temps. Il passe du temps à l’école pour être en mesure de devenir des citoyens capables de vivre ensemble, capables de travailler pour satisfaire leurs besoins, capables de participer aux débats de la cité.

Le temps de l’école n’est pas du temps de présence, c’est à la fois un accomplissement et une projection dans l’avenir. Réduire le débat à la suppression d’une demi-journée d’activité élude la vraie question qui est celle du contenu et du sens que l’on donne à la politique éducative. Le débat réducteur a une vocation évident : celle d’éviter de parler de l’intelligence humaine qui est mise en pratique.

Confondre le temps de présence et le temps de l’apprentissage dans un discours simpliste permet au gouvernement de dévaloriser le rôle de l’institution école. Cela s’amplifie avec la réduction des effectifs dans l’éducation nationale.

Je rencontre souvent des enseignants qui sont aujourd’hui contraints de faire des heures supplémentaires pour satisfaire les besoins d’accueil des élèves dans les établissements (et répondre ainsi à la suppression des postes). Les deux heures ou quatre qui s’ajoutent à leur emploi du temps ne constituent pas une masse de travail si importante. Cela se rajoute aux 18 heures de cours qu’ils effectuent habituellement. C’est le raisonnement simpliste que peut tenir celui qui ne sait pas. Alors regardons de plus près ce qu’intègre c’est trois heures de plus en moyenne.  C’est l’encadrement d’une classe supplémentaire soit l’accompagnement dans l’accès au savoir d’environ 27 élèves. L’encadrement d’une classe supplémentaire demande du temps de préparation et du temps de travail, en terme de présence , de préparation et de suivi, supplémentaire pour le conseil de classe, les réunions pédagogiques, les rencontres avec les parents … si le programme de la nouvelle classe ne correspond à ceux que dispense déjà le professeur, il y a un temps de préparation supplémentaire. A cela s’ajoute le temps de suivi individuel qui inclut les corrections des copies et examens. La démonstration est faite que le temps n’est pas simplement du temps de présence. En l’occurrence, c’est du temps pour l’intelligence et pour la relation.

Le discours du gouvernement sur le temps de l’école ne nous dit pas cela. Il élude l’intelligence des hommes, des femmes, des enfants qui vivent leur quotidien avec beaucoup de perspicacité. L’intelligence humaine est abandonnée à la raison comptable et la socialisation n’existe plus.

Ce qui vaut pour l’école vaut pour l’entreprise et toutes les institutions. Le gouvernement concentre les moyens dont il dispose pour détruire les fondements de notre République : l’art du vivre ensemble. La raison en est simple. La relation aux autres, la réalisation des objectifs, l’anticipation de qui va advenir et la maîtrise des événements sont contradictoires avec la satisfaction des besoins qui renvoie l’individu à lui-même. 

Le temps du comment faire est complexe, il fait parti de l’espace public. Le temps des uns n’est pas isolable du temps des autres. Il est du domaine public. Il n’est pas l’objet d’une simple opération comptable. La satisfaction des besoins est du domaine privé, elle est simple à gérer, elle est immédiate. Elle n’exige qu’une relation duale et donne un pouvoir incommensurable à celui qui satisfait le besoin. La satisfaction du besoin ne se préoccupe pas du temps des autres.

Elle permet de placer dos à dos ceux qui ne s’accordent pas alors que la relation impose de trouver un compromis : LE BIEN COMMUN

Aussi j’ai produit cette analyse pour que nous réhabilitions dans tous les lieux de vie que nous fréquentons le temps dans toutes ses dimensions. Le temps comptable et le temps humain cohabitent. Le temps humain nous permet de comprendre l’importance de l’intelligence que nous mettons à faire les choses. Il est le lien qui structure notre société. La solidarité exige que nous montrions que les choses se font grâce à l’intelligence. Le temps du comment faire doit être pris en compte dans les décisions que nous allons prendre parce qu’il nous oblige à concevoir à priori les moyens de mis en œuvre du Vivre ensemble et le bien commun.

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Un Régime de retraite spéciale : l’inégalité au nom de la République.

Posté par paulbesombes le 3 octobre 2007

Pour chaque député non réélu, les Français devront payer 417 120 euros = 60 mois x 6952 euros.

Avant de quitter le perchoir, le président de l’assemblée de l’époque, maintenant président du conseil constitutionnel, M Jean Louis DEBRE, a fait voter une loi qui permet aux députés non réélus de s’assurer un chômage ou une retraite bien paisible.

  •  A l’issu de son mandat un député (non réélu):

Touche indemnité  6952 euros Brut ce qui correspond à son indemnité mensuelle d’activité de mandat pendant 5 ans soit 417 120 euros au total sur 5ans. Elle est inconditionnelle.

  • A l’issue des 5 ans d’indemnités, les députés non réélus

percoivent une allocation «  à vie » correspondant à 20 % de ce traitement : soit 1390 euros par mois.

Le vote est intervenu avant la pause parlementaire, quand les candidats à la présidentielle défendaient l’idée de faire des économies pour rétablir les finances publiques.

La proposition a été adoptée par tous les députés de l’époque. Les média n’ont pas informé les Français par peur, sans doute de soulever une indignation méritée. Pourtant ceux sont bien eux qui règlent  la note avec leur impôt.

 

Cette loi discrédite ceux qui ont à se prononcer sur les régimes spéciaux des retraites. Comment peut-on être partie prenante d’un dispositif et avoir le recul nécessaire à la décision ?

Je veux poser cette question à M. Debré, Président du conseil constitutionnel,  qui par les compétences qui lui incombe devrait pouvoir statuer.

A méditer !!!!!!!

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Ne pas laisser le gouvernement instituer l’école Privée: un enjeu pour la République.

Posté par paulbesombes le 24 septembre 2007

 

Alors même que le gouvernement tente à nouveau d’imposer le financement de l’école privée aux collectivités territoriales, et notamment à la commune, je veux rappeler quelques fondamentaux. Je veux aussi poser les quelques questions qui permettront de mieux comprendre les enjeux actuels.

-Penser l’école de la République, c’est pensé l’objectif qu’elle se fixe.

  • Est-ce que l’école sert à satisfaire un besoin particulier? Doit-on consommer de l’éducation comme tout autre produit?

  • L’École est-elle le socle qui unit tous les citoyens? Est elle le lieu d’apprentissage de la citoyenneté?

-L’école privée c’est, même sous contrat, la mise place de l’autonomie des établissements avec la concurrence qu’elle peut engendrer.  Alors, devons nous instituer un rapport économique  pour ce qui fonde l’unité territoriale(la Nation)?

-L’école c’est le bien de tous au service de tous. Elle est financée par l’argent public parce qu’en France nous avons choisi la solidarité. Nos impôts servent à financer une mission de service public, pas l’intérêt particulier, qu’il se présente sous une forme ou une autre.

Il faut repenser l’usage des fonds publics des collectivités pour l’éducation. Cela va bien puisque des socialistes dirigent une grande partie des Conseils régionaux qui statuent pour les Lycées. Ils dirigent aussi certains conseils généraux qui s’occupent de la vie des collégiens.

Une question me semble être d’actualité: Doit on redistribuer des aides aux élèves inscrits dans des structures sous contrat (l’argent public sert, par dérivation l’intérêt particulier)?

-Les collectivités doivent faire le lien entre politique éducative et l’aménagement du territoire. Ils doivent prendre en compte que le lieu d’habitation est la plus souvent le lieu de vie des enfants des ménages les plus démunis. Ainsi le programme de développement des formations (professionnel ou autre) doit prendre en considération cette réalité pour répondre à l’exigence d’égalité républicaine. Il faut aussi penser au maintien des collèges sur tout le territoire avec une offre d’options suffisantes, en nombre, pour ne pas obliger les enfants à quitter leur lieu de vie habituel.

-La présence et l’utilité des structures privées se justifient régulièrement par défaut. L’offre de structure et de formation doit plus prendre en compte le lieu d’habitation des populations qui actuellement sont obligés pour rester dans la course de suivre celles qui ne vivent pas où elles habitent. (des familles qui n’ont pas les ressources nécessaires sont obligées de placer leur enfant dans des internats trop coûteux pour leurs moyens).

-Enfin, les écoles privées ne se justifient que parce que l’Etat et les collectivités ne garantissent pas l’accès de tous les habitants du territoire à l’éducation. On parle là de discrimination déguisée.

La tentative du gouvernement d’actualiser le décret d’application de l’article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004, (au bénéfice de l’enseignement privé) est lourde de conséquence en matière de Gestion municipale. Pour rappel, cette mesure, oblige les communes à verser le forfait communal à l’école privée choisie par les parents dans une autre commune.

Je vous invite donc à signer la pétition du « Collectif pour la promotion et la défense de l’école publique de proximité«  pour « l’abrogation de l’article 89 et pour un débat sur le rapport public privé« 

Ne pas laisser le gouvernement instituer l'école Privée: un enjeu pour la République. dans Education pdf Petition pour l’abrogation de l’article 89

 

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L’enjeu municipal, le senat et le congrès

Posté par paulbesombes le 13 septembre 2007

Je veux revenir encore une fois sur l’enjeu des élections municipales et le mettre cette fois ci dans la perspective de la concentration des pouvoirs.

Il y a en France un grand nombre de commune. C’est à ce niveau que se trouve la majorité des grands électeurs qui vont désigner les représentants des territoires que sont les Sénateurs.

Ainsi, notre vote pour cette élection locale produira des effets politiques à l’échelle du pays (la composition du Sénat oriente la gestion législative de la France). Il est des plus importants. Il engage notre avenir politique, notre vie et celle de nos enfants.

Les  listes municipales et les candidats apolitiques ou hors parti n’existent pas. S’ils se revendiquent comme tels, demandez-leur qui ils soutiendront pour les Sénatoriales. Dans les faits, il y a un lien direct en le choix du maire et notre représentation nationale.

Sarkozy le sait bien. Nous comprenons pourquoi il exhorte les membres de son  gouvernement à briguer un mandat de Maire: Plus nombreux seront les maires qui soutiennent son projet, plus nombreux seront les sénateurs qui entérineront ses propositions de lois, plus nombreux seront ceux qui soutiendront sa réforme de la constitution. 

Revenons sur deux aspects essentiels de la Politique de notre Président.

  1. Pour mener à bien son projet, il doit réformer la constitution:

    • autoriser le président à se présenter devant le parlement; ce qui remet en cause le principe de séparation des pouvoirs (législatif et exécutif).

    • Remettre en cause le principe constitutionnel du droit de Grève.

  2. Se donner les moyens de revoir l’indépendance la justice. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder comment il procède. Prenons l’exemple de la remise fiscale des accédants à la propriété. En essayant de remettre en cause l’article 2 du code civil pour satisfaire les besoins de ceux qui avaient déjà acquis leur bien, il veut discréditer le conseil constitutionnel. Il veut provoquer l’indignation  sur la décision rendue. Ainsi, il tente de monter l’opinion publique contre cette institution qui garantit la liberté de tous les citoyens.  Nous pourrons constater que beaucoup d’effets d’annonce vont dans ce sens.

Sarkozy a mis en place une politique d’ouverture pour obtenir l’assentiment des élus de gauche qui partagent sa vision de l’individualisme. Il sait qu’il ne pourra aller plus loin dans cette démarche. Alors l’élection municipale devient un nouvel enjeu: obtenir, grâce au vote des grands électeurs, suffisant de sénateurs pour obtenir la majorité des 3/5  lorsqu’il convoquera le congrès pour changer la constitution. Cette méthode est plus efficace que celle qui consiste à charmer des députés des Partis politique qui rejettent sa méthode et son projet.

Sarkozy veut le pouvoir au-delà de ce que propose l’actuelle constitution. Pour y arriver, il doit convoquer le congrès qui réunit les membres des deux assemblées (le Parlement et le Sénat) et obtenir l’aval de la majorité des 3/5. A ce jour, il lui manque 45 voix pour satisfaire son ambition. « Gagner les élections municipales » devra lui permettre de corriger sa perte de soutiens inconditionnels aux élections législatives.

J’ai le sentiment que nous devons expliquer cela à tous nos concitoyens. Et j’invite tous ceux qui soutiennent la République contre la concentration des pouvoirs à présenter leur candidature. C’est important de le faire dans toutes les communes de France y compris celles de moins de 2500 habitants.

Je sais que  l’activité de maire dans une petite commune représente un grand investissement. Beaucoup de Républicain hésite à embrasser cette vocation. Mais l’enjeu est grand aujourd’hui. Si nous voulons maintenir l’art de « vivre ensemble » que  nous connaissons, encore aujourd’hui, dans  notre pays, nous devons agir. C’est cela la politique « agir pour le bien de tous au service de tous ».

Il en va de la sauvegarde de la République contre la concentration des pouvoirs.

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